Accéder directement au contenu
Succession PratiqueSuccession Pratique
Prix donation universelle entre époux : le tarif notaire
Héritage

Prix donation universelle entre époux : le tarif notaire

Quel est le prix d'une donation universelle entre époux ? Tarif notaire (113,20 €), droits d'enregistrement, fiscalité successorale : tout ce qu'il faut

Laura ColletLaura Collet 18 min de lecture
La donation entre époux : pourquoi c'est intéressant ? Gestion de patrimoine 💍✍😀⚙

Le prix d'une donation universelle entre époux débute à 113,20 € d'émolument notarié fixe. Mais ce tarif réglementé ne représente qu'une partie du coût total : droits d'enregistrement, éventuels frais de publication foncière et fiscalité successorale future composent un tableau plus large qu'il faut comprendre avant de prendre rendez-vous chez le notaire. Quant à l'expression « donation universelle », elle recouvre en réalité deux mécanismes juridiques distincts qu'il est essentiel de démêler pour éviter toute confusion coûteuse.

Donation universelle entre époux : de quoi parle-t-on exactement ?

Dans le langage courant, la « donation universelle entre époux » désigne un acte par lequel une personne mariée souhaite transmettre l'intégralité de son patrimoine à son conjoint survivant. Juridiquement, cette expression ne figure dans aucun texte du Code civil. Elle recouvre deux réalités distinctes qu'il faut impérativement distinguer, car elles n'ont ni le même coût, ni la même portée juridique.

La donation au dernier vivant est un acte notarié, établi pendant le mariage, qui élargit les droits successoraux du conjoint survivant au-delà de ce que la loi lui accorde par défaut. Son tarif est fixé à 113,20 € par le Code de commerce (article A444-186). Le legs universel est une disposition testamentaire par laquelle un époux lègue la totalité de ses biens à son conjoint. Sa rédaction est gratuite si elle prend la forme d'un testament olographe. Mais sa portée est limitée : en présence d'enfants, le legs universel se heurte à la réserve héréditaire et le conjoint ne peut recevoir que ce qui reste après la part réservataire des descendants.

La confusion entre ces deux actes est fréquente et peut avoir des conséquences lourdes. Croire qu'un testament suffit à tout transmettre au conjoint alors que des enfants existent expose la famille à un dénouement successoral bien différent de celui escompté. C'est pourquoi il est impératif de comprendre ce que chaque acte permet, et ce qu'il coûte.

Legs universel vs donation au dernier vivant : la distinction qui change tout

Ces deux actes poursuivent un objectif commun : protéger le conjoint survivant : mais diffèrent radicalement dans leur nature et leurs effets.

La donation au dernier vivant (article 1094-1 du Code civil) est un acte notarié établi pendant le mariage. Elle ne transfère aucun bien du vivant du donateur : elle produit ses effets uniquement au décès, au moment de l'ouverture de la succession. Elle offre au conjoint survivant des options élargies : usufruit de la totalité des biens, ou une quotité disponible pouvant aller jusqu'à la pleine propriété de la totalité si aucun héritier réservataire n'existe.

Le legs universel est une disposition testamentaire. Rédigé sur papier libre, daté et signé (testament olographe), il ne coûte rien. Mais il ne fait que transmettre au conjoint ce que la loi permet déjà : le legs porte sur la quotité disponible, et ne peut empiéter sur la réserve héréditaire des enfants. Dans les deux cas, l'exonération totale de droits de succession entre époux s'applique (article 796-0 bis du Code général des impôts, issu de la loi TEPA du 21 août 2007).

Un autre avantage de la donation au dernier vivant mérite d'être souligné : elle peut être révoquée unilatéralement, à tout moment, pour 26,41 € (même tarif réglementé que l'acte principal). Le legs universel est également révocable, mais cette symétrie pratique rassure beaucoup les couples qui hésitent à s'engager.

Qui hérite en cas de donation universelle : conjoint survivant et réserve des enfants

En présence d'enfants, la donation au dernier vivant ne permet pas de transmettre la totalité des biens en pleine propriété au conjoint. La réserve héréditaire des descendants est d'ordre public : chaque enfant a droit à une part minimale du patrimoine de ses parents, que ces derniers ne peuvent pas lui retirer par donation ou testament.

Pour un couple avec un enfant, la réserve est de la moitié de la succession (article 913 du Code civil). Avec deux enfants, elle s'élève aux deux tiers. Avec trois enfants ou plus, elle atteint les trois quarts. Le conjoint survivant ne peut donc recevoir, en pleine propriété, que la quotité disponible : la moitié avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus.

La donation au dernier vivant offre toutefois au conjoint l'option de l'usufruit sur la totalité des biens, ce qui constitue une protection bien supérieure aux droits légaux. Le conjoint peut ainsi continuer à occuper le logement familial et percevoir les revenus du patrimoine, tout en préservant les droits en nue-propriété des enfants. Pour approfondir ce sujet délicat, consultez notre guide sur la donation entre époux et enfants.

Quel est le coût d'une donation universelle entre époux chez le notaire ?

L'acte de donation entre époux obéit à un tarif réglementé, identique sur tout le territoire. Le notaire ne fixe pas librement ses honoraires pour cette prestation : ils sont déterminés par les articles A444-53 à A444-186 du Code de commerce, dans leur rédaction issue de l'arrêté du 28 février 2024 (en vigueur depuis le 1er mars 2024).

À lire aussi : montant donation entre époux : abattement 80 724 €.

À lire aussi : donation au dernier vivant : exemple de succession concret.

À lire aussi : donation au dernier vivant : frais notaire, droits et coût.

Le prix d'une donation universelle entre époux se décompose en trois postes : l'émolument fixe du notaire, les droits et taxes versés au Trésor public, et les éventuels frais de publication foncière. L'émolument fixe constitue la rémunération du notaire pour l'établissement de l'acte, la collecte des consentements et la conservation des minutes. Il s'élève à 113,20 € (tableau 5 de l'annexe 4-7 du Code de commerce).

Pour une compréhension approfondie du sujet, il est utile de se renseigner sur le prix d'une donation chez le notaire.

Ce tarif est le même quel que soit le patrimoine du couple. Qu'il s'agisse d'un modeste appartement ou d'un portefeuille immobilier conséquent, l'acte de donation entre époux coûte 113,20 € chez le notaire. Cette uniformité tarifaire s'explique par la nature personnelle et familiale de l'acte, distincte des actes de mutation de propriété dont les émoluments sont proportionnels à la valeur des biens transmis.

Les émoluments du notaire : un tarif fixé par décret

Le tarif de 113,20 € correspond à un émolument fixe codifié à la section « Donation entre époux, pendant le mariage » du tableau 5 de l'annexe 4-7 au Code de commerce (article A444-186). Ce tarif est applicable depuis le 1er mars 2024 et n'a pas été modifié depuis.

Le même texte prévoit un émolument distinct de 26,41 € pour la « révocation de donation entre époux, de testament, de mandat ou de substitution ». La révocabilité unilatérale de l'acte est ainsi garantie par un coût modique, ce qui constitue un atout pratique considérable : le couple peut faire évoluer sa stratégie patrimoniale à tout moment sans craindre un engagement irréversible.

Pour les avantages de la donation entre époux dans leur globalité, la modicité de ce tarif fixe est souvent citée comme un argument décisif. 113,20 € pour un acte qui peut modifier substantiellement la protection du conjoint survivant représente un rapport coût/bénéfice difficile à égaler.

Droits d'enregistrement et frais de publication : ce qui s'ajoute

Au-delà de l'émolument fixe, l'acte de donation entre époux supporte des taxes et contributions obligatoires. Ces frais ne rémunèrent pas le notaire mais sont reversés au Trésor public.

Le principal poste est la taxe fixe d'enregistrement. Contrairement aux donations entre vifs qui supportent des droits proportionnels à la valeur transmise (article 777 du Code général des impôts), la donation au dernier vivant : qui ne transfère aucun bien immédiatement : est soumise à un droit fixe. Ce droit s'établit à 125 € (article 680 du Code général des impôts, combiné à la contribution de sécurité immobilière lorsque l'acte est publié).

Si la donation au dernier vivant désigne expressément un ou plusieurs biens immobiliers, sa publication au fichier immobilier est obligatoire. Cette publication engendre des frais proportionnels : la contribution de sécurité immobilière s'élève à 0,10 % de la valeur de l'immeuble concerné, avec un minimum de perception. Pour un appartement valorisé 300 000 €, ce poste représente environ 300 € supplémentaires.

CAS PRATIQUE : coût total estimé pour un couple sans enfant vs avec enfants

Prenons deux situations concrètes pour illustrer le coût total.

Couple sans enfant. Monsieur et Madame Dupont, mariés sous le régime de la communauté légale, n'ont pas d'enfant. Ils souhaitent se protéger mutuellement par une donation au dernier vivant. Chaque acte coûte 113,20 € d'émolument, soit 226,40 € pour les deux actes croisés. Les droits d'enregistrement s'élèvent à 125 € par acte, soit 250 € au total. Le coût global pour le couple est donc de 476,40 €. Aucun frais de publication foncière n'est dû si l'acte ne désigne pas nommément un bien immobilier.

Couple avec deux enfants. Monsieur et Madame Martin, mariés sous le régime de la séparation de biens, ont deux enfants. La donation au dernier vivant permet à chaque époux d'offrir au conjoint survivant l'usufruit de la totalité de ses biens. Même calcul de base : 226,40 € d'émoluments + 250 € de droits fixes = 476,40 €. Si l'acte désigne un immeuble (résidence principale valorisée 400 000 €), la contribution de sécurité immobilière ajoute environ 400 € (0,10 % × 400 000 €). Coût total : 876,40 €. La réserve héréditaire des enfants est préservée, et le conjoint survivant bénéficie d'un cadre successoral renforcé pour un coût inférieur à 1 000 €.

L'essentiel

  • L'acte de donation entre époux coûte 113,20 € d'émolument fixe chez le notaire, auquel s'ajoutent environ 125 € de droits d'enregistrement (tarifs réglementés, Légifrance 2026).
  • La donation au dernier vivant n'engendre aucun droit de donation entre époux au moment de la signature : l'exonération totale de droits de succession entre conjoints mariés s'applique (loi TEPA du 21 août 2007).
  • En présence d'enfants, leur réserve héréditaire limite la donation au dernier vivant, et une action en retranchement peut être exercée dans les 5 ans suivant le décès.
  • Le legs universel (testament olographe) et la donation au dernier vivant (acte notarié) sont deux actes différents : le premier est gratuit mais moins protecteur, le second coûte 113,20 € et élargit les droits du conjoint survivant.
  • La donation entre époux est révocable unilatéralement à tout moment pour 26,41 €, sans obligation de motivation ni consentement du conjoint bénéficiaire.

Pourquoi faire une donation universelle : avantages et limites selon votre régime matrimonial

La donation au dernier vivant produit des effets différents selon le régime matrimonial des époux. Bien qu'elle soit utile dans tous les cas, son intérêt patrimonial varie sensiblement.

Sous le régime de la communauté légale (régime par défaut sans contrat de mariage), le conjoint survivant récupère déjà sa moitié des biens communs. La succession porte uniquement sur la moitié du défunt. La donation au dernier vivant permet au conjoint d'élargir ses droits sur cette moitié successorale : il peut opter pour l'usufruit de la totalité des biens (y compris la moitié successorale) ou pour une quotité disponible renforcée.

Sous le régime de la séparation de biens, chaque époux est propriétaire exclusif de son patrimoine. Au décès du premier, le conjoint survivant ne reçoit rien au titre du régime matrimonial : il n'a que ses droits légaux dans la succession (un quart en pleine propriété ou l'usufruit de la totalité, selon l'article 757 du Code civil). La donation au dernier vivant est ici cruciale : elle permet d'élargir ces droits et de garantir au conjoint survivant une protection que le régime matrimonial ne lui offre pas. Pour approfondir les droits du conjoint, consultez notre article sur les droits du conjoint survivant avec une donation entre époux.

Donation entre époux et séparation de biens : une protection renforcée indispensable

Les époux séparés de biens sont les plus exposés au risque de dénuement du conjoint survivant. Sans donation au dernier vivant, le conjoint survivant peut se retrouver sans aucun droit sur le logement familial si celui-ci appartenait exclusivement au défunt.

La donation au dernier vivant comble cette fragilité. Elle permet au conjoint survivant d'opter pour l'usufruit du logement et des autres biens du défunt, ou de recueillir la quotité disponible en pleine propriété. Pour un couple sans enfant en séparation de biens, la donation au dernier vivant permet au conjoint de recevoir la totalité du patrimoine du défunt en pleine propriété, sans aucun droit de succession.

Dans ce contexte, le coût de 113,20 € constitue une dépense modique au regard de la protection conférée. Un couple en séparation de biens qui néglige cet acte expose le conjoint survivant à une précarité successorale que la loi ne corrige pas automatiquement.

Donation universelle et enfants : comment la réserve héréditaire s'applique

La présence d'enfants limite mécaniquement la donation au dernier vivant : la réserve héréditaire empêche de transmettre la totalité du patrimoine en pleine propriété au conjoint. Pour autant, la donation conserve un intérêt majeur.

Elle offre au conjoint survivant une option d'usufruit universel qui préserve son cadre de vie et ses revenus. Les enfants conservent la nue-propriété, qu'ils récupéreront en pleine propriété au décès du second parent. Ce mécanisme concilie la protection du conjoint et le respect des droits des descendants.

Si la donation au dernier vivant empiète sur la réserve héréditaire, les enfants peuvent exercer une action en retranchement (article 1527 alinéa 2 du Code civil). Cette action doit être intentée dans les 5 ans suivant le décès. Elle permet aux héritiers réservataires de demander la réduction des libéralités excessives pour retrouver leur part minimale. En pratique, le notaire veille à ce que l'acte soit rédigé dans le respect de la réserve, limitant le risque de contentieux.

Donation universelle entre époux et frais de succession : quelle fiscalité ?

La signature d'une donation au dernier vivant ne déclenche aucun droit de donation. L'acte étant conclu entre époux mariés, il bénéficie de l'exonération totale prévue par l'article 796-0 bis du Code général des impôts, introduit par la loi TEPA du 21 août 2007.

Cette exonération est absolue : quel que soit le montant du patrimoine concerné, aucun impôt n'est dû au moment de la signature. La fiscalité n'intervient qu'au décès du premier époux, lors de l'ouverture de la succession. Le conjoint survivant, en tant qu'héritier, est alors totalement exonéré de droits de succession sur ce qu'il recueille.

Cette double exonération : au stade de la donation comme au stade de la succession : distingue radicalement la France de nombreux pays voisins. Elle constitue un pilier de la protection du conjoint survivant dans le droit successoral français. Pour un point complet sur la fiscalité applicable, référez-vous à notre article sur les droits à payer pour une donation entre époux.

Les enfants, en revanche, supporteront des droits de succession sur la part qu'ils recueillent, après application de l'abattement de 100 000 € par parent (article 779 du Code général des impôts, renouvelable tous les 15 ans). La donation au dernier vivant ne modifie pas cette fiscalité : elle n'aggrave ni n'allège la charge fiscale des descendants.

Exonération de droits de succession entre époux : ce que prévoit la loi

L'article 796-0 bis du Code général des impôts dispose : « Est exonéré de droits de mutation par décès le conjoint survivant. » Cette exonération, instaurée par la loi TEPA du 21 août 2007, est totale et inconditionnelle. Le conjoint survivant, quel que soit le montant qu'il reçoit, ne paie aucun droit de succession.

Le partenaire de Pacs bénéficie de la même exonération depuis la loi du 21 août 2007. En revanche, le concubin : même lié par une union de fait de plusieurs décennies : reste imposable aux droits de succession au taux de 60 % après un abattement dérisoire de 1 594 €. C'est une différence radicale que beaucoup de couples non mariés découvrent trop tard.

L'exonération entre époux est un acquis législatif solide, inchangé depuis 2007. Aucune réforme récente ne l'a remise en cause. Le conjoint survivant marié peut donc aborder la succession avec la certitude que sa part successorale ne sera amputée d'aucun impôt.

Pour rédiger un tel document, vous pouvez vous aider d'un modèle lettre de donation gratuit afin de garantir sa conformité.

L'erreur courante : croire que 113,20 € couvre tout le coût de la donation universelle

L'erreur la plus fréquente consiste à penser que les 113,20 € d'émolument notarié représentent le coût total de la donation universelle. C'est inexact pour deux raisons.

D'abord, les droits d'enregistrement (environ 125 €) et les éventuels frais de publication foncière s'ajoutent au tarif du notaire. Le coût total minimal est d'environ 238 € par acte. Ensuite, et surtout, le coût de l'acte notarié est à distinguer radicalement du coût successoral futur. La donation au dernier vivant ne génère aucun droit de donation, mais la succession à venir supportera les droits applicables aux héritiers non exonérés : typiquement, les enfants.

Une autre confusion courante consiste à croire que la donation au dernier vivant permet d'échapper à toute fiscalité successorale pour les enfants. C'est faux : la réserve héréditaire demeure, et les droits de succession des descendants s'appliquent normalement sur leur part. La donation au dernier vivant modifie la répartition des biens au sein de la succession, pas la fiscalité applicable à chaque héritier.

Comment mettre en place une donation universelle entre époux : les étapes pratiques

Mettre en place une donation au dernier vivant suit un parcours simple, encadré par le notaire à chaque étape.

  1. Prendre rendez-vous chez un notaire. Aucune obligation de consulter le notaire qui détient le contrat de mariage : tout notaire territorialement compétent peut recevoir l'acte.

  2. Se présenter ensemble au rendez-vous. Les deux époux doivent comparaître personnellement devant le notaire. L'acte ne peut être signé par procuration ni par un seul époux.

  3. Fournir les pièces justificatives. Pièce d'identité, livret de famille, et contrat de mariage s'il en existe un.

  4. Signer l'acte notarié. Le notaire instrumente l'acte, recueille les consentements et délivre une copie exécutoire.

  5. Enregistrement et conservation. Le notaire procède à l'enregistrement de l'acte auprès du service départemental de l'enregistrement et conserve la minute dans ses archives. Si l'acte désigne un immeuble, il est publié au fichier immobilier.

Aucune limite d'âge légale n'existe pour consentir une donation au dernier vivant. La seule condition est la capacité juridique : l'époux donateur doit être sain d'esprit et capable de consentir librement. Pour des informations complémentaires sur le coût d'une donation entre époux, notre guide dédié détaille tous les postes de dépense.

Les documents à préparer avant le rendez-vous

Avant le rendez-vous chez le notaire, rassemblez ces documents :

  • Pièce d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité ou passeport) pour chaque époux.
  • Livret de famille ou acte de mariage de moins de trois mois.
  • Contrat de mariage, si les époux en ont conclu un (communauté universelle, séparation de biens, participation aux acquêts).
  • Titre de propriété du ou des biens immobiliers, si l'acte désigne nommément un immeuble.
  • État descriptif de division et règlement de copropriété pour un appartement en copropriété, le cas échéant.

Le notaire peut également demander un extrait de casier judiciaire si l'un des époux est de nationalité étrangère ou si des circonstances particulières le justifient. Mieux vaut anticiper ces pièces pour éviter un second rendez-vous.

Peut-on modifier ou révoquer la donation universelle ?

La donation au dernier vivant est librement révocable. Chaque époux peut révoquer unilatéralement la donation qu'il a consentie, sans avoir à motiver sa décision ni à obtenir l'accord du conjoint bénéficiaire.

Cette révocation s'effectue par acte notarié. Le tarif est de 26,41 € (article A444-186 du Code de commerce). L'époux qui révoque n'a pas à informer préalablement son conjoint, même si en pratique, le notaire notifiera la révocation au conjoint pour assurer la sécurité juridique de l'opération.

L'acte peut également être modifié plutôt que révoqué : les époux peuvent ajuster les options offertes au conjoint survivant (passer d'une quotité disponible en pleine propriété à un usufruit universel, par exemple). Cette modification suit le même formalisme et le même tarif que l'acte initial. Cette souplesse totale distingue fondamentalement la donation au dernier vivant de la communauté universelle, qui nécessite une procédure judiciaire pour être modifiée.

Donation universelle entre époux vs communauté universelle : quelle option choisir ?

La donation au dernier vivant et la communauté universelle avec clause d'attribution intégrale poursuivent un objectif commun : protéger le conjoint survivant. Mais leurs effets, leur coût et leur réversibilité diffèrent profondément.

La communauté universelle implique un changement de régime matrimonial. Tous les biens des époux : présents et futurs : tombent dans une masse commune. Au décès du premier, la clause d'attribution intégrale transfère instantanément la totalité de cette masse au conjoint survivant, sans ouverture de succession. Les enfants ne reçoivent rien au premier décès.

Ce mécanisme est puissant mais rigide et coûteux. Le changement de régime matrimonial requiert une homologation par le juge aux affaires familiales (article 1397 du Code civil) et l'intervention d'un avocat si des enfants mineurs sont concernés. D'après des estimations professionnelles (Le Revenu, 2024), le coût total peut atteindre 3 200 € pour un patrimoine modeste et jusqu'à 24 500 € en présence d'un patrimoine immobilier conséquent. La donation au dernier vivant, elle, coûte 113,20 € et reste révocable pour 26,41 €.

La communauté universelle présente un risque spécifique pour les enfants : ils ne reçoivent rien au premier décès et peuvent se retrouver face à un parent survivant qui détient seul tout le patrimoine. L'action en retranchement leur est ouverte dans les 5 ans suivant le décès, mais elle est plus délicate à exercer que dans le cadre d'une donation au dernier vivant classique. Le choix entre ces deux dispositifs dépend du patrimoine, de la configuration familiale et des objectifs patrimoniaux du couple : il relève d'une consultation notariale personnalisée.

Sources

Les informations ci-dessus sont indicatives et n'engagent pas leur auteur. Faites valider votre situation par un avocat avant toute démarche contentieuse.

Questions sur la succession

Quel est le coût d'une donation universelle ?

Le coût d'une donation universelle (donation au dernier vivant) s'élève à **113,20 €** d'émolument fixe pour l'acte notarié (article A444-186 du Code de commerce). S'y ajoutent les droits d'enregistrement (125 € environ) et d'éventuels frais de publication foncière si l'acte porte sur un bien immobilier. Le coût total minimal est d'environ **238 €**. La révocation de l'acte coûte **26,41 €**.

Quel est le coût d'une communauté universelle ?

Le coût d'une communauté universelle est nettement plus élevé car elle implique un changement de régime matrimonial homologué par le juge aux affaires familiales. Les émoluments du notaire, variables selon la composition du patrimoine mobilier et immobilier, s'ajoutent aux frais d'avocat souvent nécessaires. D'après des estimations professionnelles (Le Revenu, 2024), le coût total peut atteindre **3 200 € pour un patrimoine modeste** et jusqu'à **24 500 €** pour un patrimoine immobilier conséquent.

Quel est le coût d'une donation entre époux au dernier vivant ?

Le coût d'une donation entre époux au dernier vivant est de **113,20 €** d'émolument fixe pour l'acte notarié (Code de commerce, article A444-186). Il faut prévoir environ **125 €** de droits d'enregistrement, ainsi que des frais de publication foncière si le patrimoine comprend des biens immobiliers. Le coût total minimal est d'environ **238 €**. L'acte peut être révoqué pour **26,41 €**.

Quels sont les avantages d'une donation universelle ?

La donation au dernier vivant permet au conjoint survivant de recevoir une part du patrimoine plus importante que celle prévue par la loi. Elle élargit ses droits successoraux : usufruit de la totalité des biens, ou une quotité disponible pouvant aller jusqu'à la pleine propriété de la totalité si aucun héritier réservataire n'existe. Elle est révocable unilatéralement, modifiable à tout moment, et totalement exonérée de droits de succession entre époux. Pour les couples en séparation de biens, elle constitue une protection patrimoniale indispensable.