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Prix d'un acte de renonciation à succession : coût réel, démarches et pièges

Quel est le prix d'un acte de renonciation à une succession ? Greffe gratuit, notaire facultatif, frais indirects : tout ce que vous devez savoir avant

Laura ColletLaura Collet 18 min de lecture
Quelle est la rémunération d’un notaire lors d’un acte de succession ?

Le dépôt d'une déclaration de renonciation à succession au greffe du tribunal judiciaire est gratuit (service-public.fr, 2026). Si vous faites authentifier votre renonciation par un notaire, les frais sont de 15 € à 25 € (aide-sociale.fr, mai 2026). Un acte notarié plus complexe peut coûter 100 € à 300 € (ebene-avocats.fr, estimation de marché).

Le prix d'un acte de renonciation à une succession est de 0 € lorsque vous déposez vous-même votre déclaration au greffe du tribunal judiciaire. La renonciation à succession est, en droit français, une démarche gratuite. Mais certaines situations justifient de passer par un notaire pour faire authentifier l'acte : dans ce cas, il faut compter entre 15 € et 25 €. Des frais indirects peuvent aussi s'ajouter, selon votre situation familiale ou l'état du patrimoine du défunt.

Ce qu'il faut retenir

  • La renonciation à succession déposée au greffe du tribunal judiciaire est gratuite (0 €), sans frais d'enregistrement ni taxe.
  • L'authentification notariale simple coûte 15 € à 25 € ; un acte complexe avec inventaire et autorisation judiciaire peut atteindre 100 € à 300 €.
  • Le délai de 4 mois pour exercer l'option successorale peut être prolongé jusqu'à 10 ans, sauf acceptation tacite entre-temps.
  • L'assurance vie reste hors succession : le bénéficiaire désigné perçoit le capital même s'il renonce à la succession du souscripteur.
  • Les frais funéraires peuvent rester à la charge du renonçant au titre de l'obligation alimentaire (article 806 du Code civil).

Ce que signifie renoncer à une succession en droit français

Renoncer à une succession, c'est exercer l'une des trois options successorales prévues par le Code civil. L'article 768 pose le principe : l'héritier ne peut être contraint d'accepter un héritage. La loi lui offre le choix.

L'effet juridique est radical. L'héritier renonçant est réputé n'avoir jamais été héritier. Il ne perçoit rien de l'actif successoral. Mais il n'est pas davantage tenu aux dettes du défunt. Une exception notable subsiste : l'obligation alimentaire peut, dans certaines circonstances, imposer au renonçant de contribuer aux frais funéraires si le défunt ne laisse pas d'actif suffisant.

Concrètement, cette option est fréquemment exercée lorsque le passif dépasse l'actif, ou lorsque l'héritier souhaite laisser sa part à ses propres enfants par le mécanisme de la représentation successorale. La renonciation est définitive et irrévocable, sauf cas très encadrés de rétractation.

Les trois options successorales prévues par la loi

Le Code civil (articles 768 à 808) organise le choix de l'héritier autour de trois branches :

  • L'acceptation pure et simple : l'héritier reçoit l'actif ET répond des dettes, même au-delà de ce qu'il a reçu. C'est le régime le plus risqué.
  • L'acceptation à concurrence de l'actif net (ACAN) : l'héritier limite sa responsabilité aux dettes à hauteur de l'actif reçu. Les patrimoines du défunt et de l'héritier restent séparés.
  • La renonciation : l'héritier refuse totalement la succession. Il est considéré comme n'ayant jamais été appelé à hériter.

L'acceptation pure et simple peut être tacite (un acte d'administration du patrimoine successoral peut suffire à la caractériser). La renonciation, elle, ne se présume jamais : elle doit être expresse et formelle.

Effets juridiques immédiats de la renonciation : ce que vous perdez et ce dont vous êtes exonéré

Dès l'enregistrement de la déclaration au greffe, le renonçant perd tout droit sur l'actif successoral : biens immobiliers, comptes bancaires, valeurs mobilières, objets personnels. Il ne peut plus revendiquer un meuble ou une somme d'argent appartenant au défunt.

En contrepartie, il est exonéré de l'intégralité des dettes successorales : emprunts, arriérés d'impôts, loyers impayés, dettes fiscales. Les créanciers du défunt ne peuvent pas se retourner contre lui. Cette protection n'est toutefois pas absolue : les frais d'obsèques restent dus par les héritiers au titre de l'obligation alimentaire (article 806 du Code civil), et ce même après renonciation, si le défunt ne disposait d'aucun actif pour y faire face.

Autre effet notable : la part du renonçant est dévolue à ses co-héritiers ou à ses descendants par représentation. Avant de renoncer, mieux vaut comprendre précisément qui héritera à votre place.

Prix d'un acte de renonciation : la procédure gratuite au greffe du tribunal judiciaire

La renonciation à succession est gratuite lorsqu'elle est déposée directement au greffe du tribunal judiciaire compétent (service-public.fr, 2026). Aucun droit d'enregistrement, aucune taxe, aucun frais de greffe n'est dû. Cette gratuité couvre l'intégralité de la procédure de dépôt et l'obtention du récépissé.

Le greffe compétent est celui du tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession, c'est-à-dire le tribunal du dernier domicile du défunt. La déclaration se fait au moyen du formulaire Cerfa n°15828, téléchargeable gratuitement sur service-public.fr. Vous pouvez déposer ce formulaire sur place, au guichet du greffe, ou l'envoyer par courrier recommandé avec accusé de réception.

Les pièces à joindre sont limitées : un acte de naissance du défunt de moins de trois mois, un justificatif de domicile du défunt, et votre pièce d'identité. Selon le greffe, un acte de décès peut aussi être demandé. Pour une liste exhaustive, consultez notre article sur les documents à fournir pour une renonciation à succession.

Le formulaire Cerfa : comment remplir votre déclaration de renonciation

Le formulaire Cerfa n°15828*02, intitulé « Déclaration de renonciation à succession », est le document officiel à utiliser. Il se compose de deux volets :

  • Volet 1 : identité du déclarant (nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse) et qualité pour agir (héritier légal, légataire, représentant).
  • Volet 2 : identification du défunt (nom, date et lieu de naissance, dernier domicile) et date du décès.

La case « Je déclare renoncer purement et simplement à la succession » doit être cochée. Le formulaire doit être daté et signé par le déclarant. En cas d'envoi postal, la signature doit être manuscrite. Pour un héritier mineur ou sous tutelle, c'est le représentant légal qui signe, après autorisation du juge des tutelles.

Le formulaire est téléchargeable gratuitement sur service-public.fr. Aucun prestataire ne peut vous facturer le Cerfa lui-même : il relève du service public.

Refus de succession sans notaire : quand c'est possible et comment faire

Le refus de succession sans notaire est parfaitement valable dans la plupart des cas. La déclaration déposée au greffe produit les mêmes effets juridiques qu'un acte notarié de renonciation.

Cette voie est recommandée lorsque :

  • La succession est simple (peu d'actifs, pas d'immeuble, pas de contentieux entre héritiers).
  • Le passif dépasse nettement l'actif et l'urgence est d'éviter l'acceptation tacite.
  • Aucun héritier n'est mineur ou majeur protégé.

La procédure au greffe demande un peu de rigueur administrative mais ne présente pas de difficulté juridique particulière. Vous pouvez également adresser une lettre de renonciation au greffe, bien que le formulaire Cerfa reste la voie privilégiée par les greffes. Notre modèle de lettre de renonciation à une succession détaille les formulations à utiliser.

Le greffe vous délivrera un récépissé après quelques jours à quelques semaines. C'est ce document qui prouve votre renonciation et vous protège en cas de litige ultérieur.

Passer par un notaire pour authentifier la renonciation : coût et utilité

La renonciation notariée est une option, pas une obligation. Elle consiste à faire dresser par un notaire un acte authentique de renonciation à succession. Cet acte a la même portée juridique que la déclaration au greffe, mais il est revêtu de la force probante renforcée de l'acte authentique.

Le notaire ne se contente pas de formaliser votre volonté. Il vous conseille sur l'opportunité de renoncer, évalue l'actif et le passif, et vérifie que vous ne commettez pas d'erreur lourde de conséquences (comme renoncer à une succession en réalité bénéficiaire).

Selon l'étude aide-sociale.fr (mai 2026), une authentification simple de renonciation par un notaire coûte entre 15 € et 25 €. Ce tarif modeste correspond à l'émolument fixe de l'acte de notoriété ou de la déclaration notariée simple. Pour une succession plus complexe impliquant un acte notarié détaillé (avec inventaire, consultation d'héritiers multiples, ou présence d'un mineur), les frais peuvent s'élever, selon ebene-avocats.fr, de 100 € à 300 € : une estimation de marché, non un tarif réglementé. Ces montants sont à faire confirmer par votre notaire avant tout engagement.

Frais notariaux : émoluments, débours et TVA à anticiper

Les frais d'un acte notarié de renonciation se décomposent en trois postes :

  • Les émoluments : c'est la rémunération du notaire. Pour une renonciation simple, ils sont faibles (l'acte est peu chronophage). L'article A444-53 du Code de commerce fixe le cadre des émoluments notariaux.
  • Les débours : ce sont les sommes avancées par le notaire pour votre compte (frais de copies, de correspondance, de publication éventuelle). Ils restent marginaux pour une renonciation.
  • La TVA : au taux de 20 %, applicable sur les émoluments et certains débours.

💡 À noter : le notaire doit vous remettre un devis gratuit avant tout engagement si vous le sollicitez. N'hésitez pas à comparer les devis de plusieurs études notariales : les émoluments sont encadrés, mais les honoraires libres peuvent varier.

Pour une authentification simple, le coût total (émolument + débours + TVA) se situe autour de 15 € à 25 €. Cette somme vous garantit un acte authentique, difficilement contestable et conservé au rang des minutes du notaire.

Quand l'acte notarié devient-il indispensable ? (mineur, tutelle, succession complexe)

Trois situations rendent le recours au notaire quasi incontournable :

  • Héritier mineur : un enfant ne peut pas renoncer seul à une succession. Le représentant légal (parent, tuteur) doit obtenir l'autorisation préalable du juge des tutelles. Le notaire accompagne cette démarche et sécurise l'acte pour protéger les intérêts du mineur.
  • Majeur sous tutelle ou curatelle : le tuteur ou curateur doit aussi obtenir l'autorisation du juge des contentieux de la protection (ancien juge des tutelles). L'acte notarié est exigé par les greffes dans ce cas.
  • Succession complexe : indivision à plusieurs héritiers, actif immobilier important, dettes difficiles à évaluer, présence de légataires. Le notaire cartographie le passif et l'actif, évite les erreurs d'appréciation et conseille sur l'option la plus adaptée.

Dans un contexte de renonciation à succession entre frères et sœurs, où plusieurs héritiers de même rang doivent s'entendre sur la répartition, l'intervention d'un notaire peut aussi faciliter le dialogue et prévenir les conflits.

Cas pratique chiffré : renoncer à une succession endettée

Un héritier confronté à une succession déficitaire se pose une question simple : est-ce que renoncer me coûte plus cher que d'accepter ? Prenons un scénario concret, construit sur des ordres de grandeur réalistes.

Le défunt, divorcé et père d'un enfant unique majeur, laisse un appartement évalué à 120 000 € grevé d'un prêt immobilier à hauteur de 90 000 €. S'y ajoutent des arriérés d'impôt sur le revenu de 8 000 €, un solde de crédit à la consommation de 12 000 €, et des frais d'obsèques de 4 500 €. L'actif net successoral est donc de : 120 000 € - (90 000 € + 8 000 € + 12 000 €) = 10 000 €. Mais une fois les frais d'obsèques déduits (4 500 €), le reliquat net est de 5 500 €.

L'héritier unique doit débourser 4 500 € de frais funéraires même s'il renonce (article 806 du Code civil). En acceptant, il récupère 5 500 € nets après tout passif et frais funéraires. En renonçant, il perd ce reliquat mais évite tout risque d'avoir sous-estimé une dette (par exemple, une caution personnelle du défunt non encore appelée). La renonciation au greffe lui coûte 0 €. L'arbitrage dépend du degré de certitude sur l'état exact du passif.

Exemple : succession avec 40 000 € de dettes et 15 000 € d'actif

Changeons de scénario. Le défunt laisse 15 000 € de liquidités sur un compte bancaire, aucun bien immobilier, et 40 000 € de dettes (crédit renouvelable, loyers impayés, factures médicales). L'actif net est négatif de 25 000 €.

L'héritier qui accepte purement et simplement devra payer l'intégralité des 40 000 € de dettes sur son patrimoine personnel, alors qu'il n'a perçu que 15 000 €. Sa perte nette : 25 000 €. L'acceptation à concurrence de l'actif net (ACAN) limite l'exposition à 15 000 €. La renonciation, elle, l'exonère totalement.

En renonçant au greffe (0 €), l'héritier évite 25 000 € de perte. Même avec un notaire pour sécuriser l'acte (15 € à 25 €), le ratio coût/bénéfice est sans appel. C'est le cas d'école justifiant une renonciation rapide, avant que tout acte d'administration ne caractérise une acceptation tacite.

Renoncer au profit d'un parent ou de ses enfants : qui hérite ensuite ?

La renonciation d'un héritier profite rarement au fisc ou à l'État. La dévolution successorale obéit à des règles précises, par ordre de priorité. En pratique :

  • Si le renonçant a des enfants : ce sont eux qui héritent, par représentation. Ils viennent à la succession au même degré que leur parent renonçant. C'est une stratégie courante pour transmettre directement aux petits-enfants sans frottement fiscal.
  • Si le renonçant n'a pas d'enfants : sa part est répartie entre les autres héritiers de son rang (frères et sœurs du défunt, neveux et nièces par représentation, ascendants).
  • Si le renonçant est le seul héritier : la succession est dévolue aux autres membres de la famille selon l'ordre légal, et en dernier ressort à l'État.

Renoncer au profit d'un parent précis n'est pas juridiquement possible : la loi désigne automatiquement le successible suivant. Une renonciation à succession entre frères et sœurs redistribue la part selon les règles de la dévolution légale.

Erreur courante : confondre renonciation et acceptation à concurrence de l'actif net

Beaucoup d'héritiers croient limiter leur responsabilité en « acceptant sous condition » ou en « prenant l'héritage mais pas les dettes ». En droit français, cela n'existe pas hors de la procédure formelle d'acceptation à concurrence de l'actif net (ACAN), prévue aux articles 787 et suivants du Code civil.

L'erreur classique : un héritier se comporte comme propriétaire des biens du défunt (il règle des factures depuis le compte bancaire du défunt, il vide l'appartement, il perçoit des loyers) en pensant qu'il pourra « refuser les dettes plus tard ». Ces actes caractérisent une acceptation tacite pure et simple. Une fois cette acceptation reconnue, l'héritier devient tenu au passif au-delà de l'actif, sur son patrimoine personnel. La jurisprudence est constante sur ce point : l'acceptation tacite suppose un acte que seul un propriétaire aurait accompli.

L'ACAN impose des formalités strictes : déclaration au greffe, inventaire notarié du patrimoine successoral, et séparation stricte des patrimoines. Elle protège l'héritier mais ne l'exonère pas, contrairement à la renonciation pure et simple.

Acceptation à concurrence de l'actif net vs renonciation : ne pas confondre

Ces deux options successorales poursuivent des objectifs différents :

  • L'ACAN convient quand le passif est incertain mais que l'actif mérite d'être conservé. L'héritier paie les dettes dans la limite de ce qu'il reçoit. Il faut un inventaire notarié, ce qui génère des frais (de l'ordre de plusieurs centaines d'euros, variables selon la complexité).
  • La renonciation est indiquée quand le passif dépasse manifestement l'actif, ou quand l'héritier ne souhaite simplement pas hériter. Elle est gratuite au greffe, mais irrévocable.

L'erreur de diagnostic peut coûter cher. Un héritier qui accepte à concurrence de l'actif net pour une succession clairement déficitaire paiera les frais d'inventaire pour zéro actif net. À l'inverse, renoncer à une succession bénéficiaire par méconnaissance de l'actif est une perte sèche. Le devoir de conseil du notaire prend ici tout son sens.

Délai pour refuser un héritage : la règle des 4 mois et ses prolongations

L'article 771 du Code civil accorde à l'héritier un délai de 4 mois à compter de l'ouverture de la succession (le jour du décès) pour exercer son option. Durant cette période, il peut s'abstenir de tout acte sans que son silence ne vaille acceptation.

Passé ce délai, un créancier ou un co-héritier peut le sommer de prendre parti. L'héritier dispose alors d'un délai supplémentaire de 2 mois pour se prononcer. Sans réponse, il est réputé acceptant purement et simplement. Ce mécanisme de sommation est encadré par l'article 772 du même Code.

L'héritier peut aussi solliciter un délai de réflexion supplémentaire auprès du juge, sans limite légale absolue tant que la prescription décennale (article 780) n'est pas acquise. Concrètement, une renonciation peut intervenir jusqu'à 10 ans après l'ouverture de la succession, sous réserve de n'avoir accompli aucun acte d'acceptation tacite entre-temps. Notre article sur la renonciation à succession hors délai détaille les recours possibles au-delà du délai légal.

Frais indirects et coûts souvent oubliés lors d'une renonciation

Même quand la renonciation est gratuite au greffe, des frais périphériques peuvent grever l'opération. Les anticiper évite les mauvaises surprises.

Les copies d'actes d'état civil nécessaires à la constitution du dossier (acte de naissance du défunt de moins de trois mois, acte de décès éventuellement) sont payantes : 3 à 5 € par acte selon la commune. Un recommandé avec accusé de réception pour l'envoi au greffe coûte environ 7 €. Les déplacements jusqu'au tribunal judiciaire, parfois éloigné, engendrent des frais de transport.

Si vous mandatez un avocat pour vous conseiller sur l'opportunité de renoncer, ses honoraires sont libres. Une consultation simple peut coûter de 100 € à 200 €. L'avocat peut aussi se charger de la procédure de déclaration au greffe, ce qui alourdit la facture mais garantit la régularité formelle de l'acte.

Les frais funéraires : une obligation qui peut persister malgré la renonciation

L'article 806 du Code civil maintient l'obligation aux frais funéraires à la charge des héritiers, y compris renonçants, dans la limite de l'actif successoral. Si le défunt ne laisse aucun actif, les héritiers : même renonçants : peuvent être tenus d'y contribuer au titre de l'obligation alimentaire (article 205 du Code civil).

En pratique, cette contribution est due par les descendants, ascendants et alliés du défunt. Le montant dépend des facultés contributives de chacun. Un héritier renonçant aux revenus modestes ne sera pas tenu de la même somme qu'un héritier aisé.

⚠️ Attention : si vous avez réglé vous-même les obsèques (choix du prestataire, paiement de la facture), ce geste peut être interprété comme un acte d'acceptation tacite de la succession. Mieux vaut laisser un tiers (entreprise de pompes funèbres directement mandatée, autre héritier acceptant) prendre en charge le paiement, quitte à le rembourser ensuite au titre de l'obligation alimentaire.

Récépissé de renonciation : délai d'obtention et utilité

Une fois votre déclaration déposée au greffe (sur place ou par courrier), le greffe vous délivre un récépissé de renonciation. Ce document est la preuve irréfutable de votre renonciation. Sans lui, vous ne pouvez pas démontrer aux créanciers ou aux co-héritiers que vous avez valablement renoncé.

Le délai d'obtention varie d'un greffe à l'autre : de quelques jours à plusieurs semaines, parfois deux mois en période de forte activité. Ce récépissé mentionne la date de la déclaration et son numéro d'enregistrement au registre des successions. Conservez-le précieusement : il constitue votre titre de protection.

Pour en savoir plus sur ce document essentiel, consultez notre article sur le délai pour obtenir votre récépissé de renonciation.

Renonciation et assurance vie : un point souvent mal compris

L'assurance vie obéit à un régime juridique distinct de la succession. Les capitaux décès versés au bénéficiaire désigné au contrat ne font pas partie de l'actif successoral (article L.132-12 du Code des assurances). La renonciation à la succession du souscripteur n'affecte donc pas le droit du bénéficiaire à percevoir le capital garanti.

Deux nuances importantes méritent d'être soulignées :

  • Les primes manifestement exagérées : l'article L.132-13 du Code des assurances permet aux héritiers de contester les versements excessifs au regard des facultés du souscripteur. En cas de requalification, les primes sont réintégrées à la succession. Un héritier renonçant pourrait ainsi avoir intérêt à agir s'il est aussi bénéficiaire du contrat.
  • Le bénéficiaire qui renonce à la succession : il conserve son droit au capital d'assurance vie, car ce droit est attaché au contrat et non à la qualité d'héritier.

Notre article dédié à la renonciation à succession et assurance vie explore ces interactions plus en détail.

Combien coûte réellement une renonciation à succession : les trois scénarios

Le coût d'une renonciation à succession dépend du niveau de sécurisation juridique recherché. Trois scénarios types se dégagent, du plus économique au plus protecteur :

  • Scénario 1 : Dépôt direct au greffe : 0 €. Vous remplissez le Cerfa n°15828, vous le déposez ou l'envoyez au greffe du tribunal judiciaire, vous recevez un récépissé. Aucun frais de greffe. Ce scénario convient aux successions simples, clairement déficitaires, sans mineur ni majeur protégé.
  • Scénario 2 : Authentification notariale simple : de l'ordre de 15 € à 25 € (aide-sociale.fr, mai 2026). Le notaire dresse un acte authentique de renonciation. Vous bénéficiez d'un devoir de conseil et d'un acte à force probante renforcée. Recommandé pour les successions au passif incertain.
  • Scénario 3 : Acte notarié complexe : estimation de 100 € à 300 € (ebene-avocats.fr, fourchette de marché). Le notaire diligente un inventaire, consulte plusieurs héritiers, sollicite l'autorisation du juge pour un mineur ou un majeur protégé. Ce scénario est imposé par la loi dans ces situations particulières.

Quel que soit le scénario retenu, le coût de la renonciation reste modeste au regard des dettes successorales évitées dans une succession déficitaire. La consultation préalable d'un notaire ou d'un avocat spécialisé permet de choisir l'option successorale la mieux adaptée à votre situation personnelle.

Pour une compréhension approfondie des différents coûts liés à la transmission, n'hésitez pas à consulter notre article sur les frais notaire succession : calcul, barème et tarifs 2026.

Fiche pratique

Base légaleArticles 768 à 808 du Code civil (option successorale)
Formulaire officielCerfa n°15828*02 : Déclaration de renonciation à succession
Juridiction compétenteTribunal judiciaire du dernier domicile du défunt
Délai pour renoncer4 mois à compter du décès (art. 771 C. civ.), prolongeable jusqu'à 10 ans
Coût au greffe0 € (gratuit)
Coût chez le notaire (authentification simple)15 € à 25 € (aide-sociale.fr, mai 2026)
Coût chez le notaire (acte complexe)100 € à 300 € (ebene-avocats.fr, estimation)
Frais funérairesRestent dus même après renonciation (art. 806 C. civ.)
Contact officielservice-public.fr/particuliers/vosdroits/F1199

Sources

Les informations ci-dessus sont indicatives et n'engagent pas leur auteur. Faites valider votre situation par un avocat avant toute démarche contentieuse.

Questions sur la succession

Quel est le prix d'une renonciation à une succession ?

La renonciation à succession est gratuite (0 €) lorsque vous déposez vous-même la déclaration au greffe du tribunal judiciaire. Si vous passez par un notaire pour faire authentifier votre renonciation, comptez entre 15 € et 25 € (aide-sociale.fr, mai 2026). Un acte notarié complexe, notamment en présence d'un mineur ou d'une succession très endettée, peut coûter de 100 € à 300 € (ebene-avocats.fr, estimation de marché).

Comment obtenir un certificat de renonciation de succession ?

Le certificat (ou récépissé) de renonciation est délivré gratuitement par le greffe du tribunal judiciaire après dépôt de votre déclaration via le formulaire Cerfa n°15828. Le délai d'obtention varie de quelques jours à plusieurs semaines selon les greffes. Ce document prouve votre renonciation et vous protège contre toute réclamation des créanciers du défunt.

Est-il possible de renoncer à une succession sans notaire ?

Oui, la renonciation sans notaire est parfaitement valable. Vous déposez le formulaire Cerfa n°15828 au greffe du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt, sans aucun frais. Le notaire devient néanmoins obligatoire lorsqu'un héritier est mineur ou majeur sous tutelle (autorisation du juge nécessaire), ou si vous souhaitez un conseil juridique approfondi sur l'état du passif successoral.

Quel est le délai pour produire une renonciation à la succession ?

Le délai légal pour renoncer est de 4 mois à compter du décès (article 771 du Code civil). Passé ce délai, un créancier peut vous sommer de prendre parti dans les 2 mois. Vous pouvez cependant renoncer jusqu'à 10 ans après le décès, à condition de n'avoir accompli aucun acte d'acceptation tacite (paiement de dettes du défunt, perception de loyers, disposition de biens successoraux).