
Succession : quand le notaire est-il vraiment obligatoire ?
Succession notaire obligatoire : découvrez dans quels cas la loi impose le recours au notaire, les seuils à connaître et comment procéder sans lui en 2026.

Le recours à un notaire est obligatoire dans quatre situations : présence d'un bien immobilier, succession d'un montant égal ou supérieur à 5 965 €, existence d'un testament ou d'une donation entre vifs, ou présence d'un héritier mineur ou majeur protégé. Hors de ces cas, une succession purement mobilière sous ce seuil peut être réglée sans notaire, directement auprès des banques.
Le recours à un notaire n'est pas automatique après un décès. La loi française le rend obligatoire dans quatre situations précises : présence d'un bien immobilier, succession d'au moins 5 965 €, existence d'un testament ou d'une donation, ou présence d'un héritier mineur ou protégé. Hors de ces cas, les héritiers peuvent régler eux-mêmes la succession. Mais une erreur d'appréciation sur l'obligation de notaire peut bloquer l'accès aux comptes bancaires du défunt, retarder le partage des biens et exposer les héritiers à des redressements fiscaux. Voici les règles à connaître, les seuils à respecter et les démarches à suivre selon votre situation.
En bref
- Le notaire est obligatoire dès qu'il y a un bien immobilier, un testament, une donation, une succession ≥ 5 965 €, ou un héritier protégé.
- Une succession purement bancaire sous 5 965 € peut être réglée sans notaire, avec une attestation sur l'honneur auprès de chaque banque.
- Le testament olographe ne dispense pas du notaire : il doit être déposé chez un notaire pour produire effet.
- La loi du 7 avril 2026 facilite la sortie de l'indivision : un indivisaire pourra provoquer le partage judiciaire sans démontrer de péril imminent.
- Les émoluments du notaire sont réglementés par l'État, proportionnels à l'actif brut successoral, et non négociables.
Succession sans notaire : quand la loi vous le permet
La règle générale surprend souvent les familles : le notaire n'est pas systématiquement obligatoire pour régler une succession. Le Code civil n'impose son intervention que dans des cas limitativement énumérés. Hors de ces cas, les héritiers ont le droit de procéder eux-mêmes aux démarches.
Cette possibilité reste toutefois encadrée. Elle ne s'applique qu'à des successions simples, sans complexité juridique ni conflit entre héritiers. Le recours au notaire redevient nécessaire dès qu'un acte authentique est requis pour prouver la qualité d'héritier ou transférer la propriété d'un bien.
Concrètement, une succession sans notaire concerne surtout les patrimoines modestes composés uniquement de liquidités bancaires, de meubles et d'effets personnels. Les héritiers écrivent directement aux banques, produisent un certificat de décès et un livret de famille, et obtiennent le déblocage des fonds.
💡 À noter : Même en l'absence d'obligation légale, les héritiers peuvent toujours choisir de consulter un notaire. Cette précaution sécurise le partage et prévient les contestations ultérieures, en particulier quand plusieurs héritiers doivent s'accorder sur la répartition des biens.
Les deux conditions pour se passer d'un notaire
Pour qu'une succession puisse être réglée sans l'intervention d'un notaire, deux conditions doivent être simultanément remplies.
- Absence de bien immobilier : le défunt ne possédait ni maison, ni appartement, ni terrain, ni parts de société civile immobilière (SCI). Dès qu'un immeuble figure dans le patrimoine, le notaire est obligatoire pour publier l'attestation immobilière au service de la publicité foncière et permettre le transfert de propriété aux héritiers.
- Montant total inférieur à 5 965 € : le seuil de 5 965 €, fixé par l'article 730-5 du Code civil, déclenche l'obligation d'établir un acte de notoriété pour prouver la qualité d'héritier. Si le total des avoirs (comptes bancaires, livrets, assurance-vie non dénouée, meubles estimés) atteint ou dépasse ce montant, le notaire devient obligatoire.
Ces conditions sont cumulatives : une succession de 4 000 € comprenant un studio en indivision impose le notaire, tout comme une succession de 100 000 € composée uniquement de liquidités bancaires.
Quel rôle joue la banque dans une succession sans notaire ?
Les banques constituent le principal interlocuteur des héritiers dans une succession sans notaire. Chaque établissement détenteur d'un compte ou d'un placement au nom du défunt applique sa propre politique de déblocage des fonds.
En dessous de 5 000 €, la plupart des banques acceptent une simple attestation sur l'honneur signée par tous les héritiers, accompagnée du certificat de décès et du livret de famille. Au-delà de ce montant interne (propre à chaque banque), elles exigent un acte de notoriété notarié.
Les héritiers doivent contacter chaque banque séparément, produire les mêmes justificatifs, et fournir un relevé d'identité bancaire (RIB) pour le virement des fonds. Cette démarche peut prendre de deux à six semaines selon les établissements. Pour le solde d'un compte joint entre le défunt et son conjoint survivant, la banque débloque généralement les fonds sans formalité notariale, le conjoint devenant seul titulaire du compte (service-public.fr, 2026).
Les quatre cas où le recours au notaire est obligatoire
La loi française identifie quatre situations qui rendent obligatoire l'intervention d'un notaire dans le règlement d'une succession. Ces cas ne sont pas alternatifs : un seul suffit à déclencher l'obligation.
Voici le détail de chaque situation, avec le fondement juridique et la conséquence pratique pour les héritiers.
- Présence d'un bien immobilier : tout immeuble (maison, appartement, terrain, local commercial, parts de SCI) impose la publication d'une attestation immobilière au service de la publicité foncière. Cet acte authentique, seul le notaire peut le dresser (village-justice.com, 2023). Sans lui, les héritiers ne peuvent ni vendre le bien ni faire mettre à jour le cadastre à leur nom.
- Montant de la succession égal ou supérieur à 5 965 € : ce seuil, vérifié au 1ᵉʳ janvier 2026, déclenche l'obligation de faire établir un acte de notoriété (art. 730-5 du Code civil). Cet acte identifie officiellement les héritiers et leurs droits respectifs dans la succession. Il est exigé par les banques, les assureurs-vie et l'administration fiscale pour toute succession atteignant ce montant.
- Existence d'un testament ou d'une donation entre vifs : le testament, même olographe (écrit à la main par le défunt), doit être déposé chez un notaire pour produire ses effets juridiques. La donation entre vifs nécessite un acte notarié pour sa validité et sa prise en compte dans le partage successoral.
- Présence d'un héritier mineur ou majeur protégé : un enfant de moins de 18 ans ou un majeur sous tutelle ou curatelle ne peut accepter seul une succession. Le notaire intervient pour garantir la protection de ses intérêts, en liaison avec le juge des tutelles si nécessaire.
⚠️ Attention : Ne pas confondre le seuil bancaire interne (souvent 5 000 €) et le seuil légal de 5 965 €. Une banque peut débloquer des fonds sans notaire sous 5 000 € alors même que le montant total de la succession dépasse 5 965 € et impose légalement un acte de notoriété.
Bien immobilier : l'obligation la plus fréquente
Dans la pratique, la présence d'un bien immobilier constitue le cas d'obligation de notaire le plus courant. Selon les données notariales, près de 60 % des successions ouvertes en France comportent au moins un immeuble, ce qui en fait le déclencheur majoritaire du recours au notaire.
Le mécanisme juridique est simple : la propriété immobilière ne se transmet aux héritiers qu'après publication d'une attestation immobilière au service de la publicité foncière. Cette publication actualise le fichier immobilier et rend la transmission opposable aux tiers.
Le notaire accomplit plusieurs formalités dans ce cadre : consultation du fichier immobilier pour vérifier l'historique de propriété, rédaction de l'attestation immobilière, calcul et paiement des droits de mutation à titre gratuit, et publication de l'acte. Le délai usuel pour cette procédure est de deux à quatre mois à compter de l'ouverture du dossier.
Succession notaire obligatoire selon le montant : le seuil de 5 965 €
Le seuil de 5 965 €, issu de l'article 730-5 du Code civil, constitue un déclencheur souvent méconnu. Il s'applique au montant total de la succession, calculé sur l'actif brut (avant déduction des dettes et des frais).
Ce calcul englobe tous les avoirs : soldes bancaires, livrets d'épargne, assurance-vie (hors clause bénéficiaire dénouée hors succession), portefeuille titres, valeur estimée des meubles meublants, véhicules, bijoux et objets de valeur. Les dettes du défunt ne sont pas déduites pour apprécier le seuil.
La conséquence pratique est directe : un défunt laissant 6 000 € sur un compte bancaire, sans autre bien, impose à ses héritiers de faire établir un acte de notoriété par un notaire. Sans cet acte, aucune banque ne débloquera la totalité des fonds.
Testament ou donation : pourquoi le notaire s'impose
Le testament, quel que soit sa forme (olographe, authentique ou mystique), doit être déposé chez un notaire après le décès pour produire ses effets. Le testament olographe, écrit, daté et signé de la main du défunt, est juridiquement valide, mais son existence reste inopposable aux tiers tant qu'il n'a pas été déposé au rang des minutes d'un notaire.
Le notaire vérifie la validité formelle du testament, l'enregistre au fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV), et assure son exécution conforme aux volontés du défunt. Cette procédure protège à la fois les héritiers (contre un testament concurrent) et les légataires (qui voient leurs droits reconnus).
Quant aux donations entre vifs, elles supposent un acte notarié pour leur validité même. Le notaire les intègre dans le calcul de la masse successorale afin de vérifier qu'elles ne portent pas atteinte à la réserve héréditaire des héritiers réservataires, et de calculer les éventuels droits de rappel.
Pour un aperçu des coûts, consultez notre guide sur les frais de notaire 2026.
Tableau comparatif : notaire obligatoire ou facultatif selon votre situation
Ce tableau synthétise les principales configurations successorales et l'obligation de notaire qui en découle. Il permet au lecteur de situer rapidement sa propre situation.
| Situation successorale | Notaire obligatoire ? |
|---|---|
| Défunt propriétaire d'un bien immobilier | Oui : attestation immobilière obligatoire |
| Succession sans immobilier, montant ≥ 5 965 € | Oui : acte de notoriété obligatoire (art. 730-5 C. civ.) |
| Présence d'un testament (olographe ou authentique) | Oui : dépôt et exécution du testament |
| Présence d'une donation entre vifs | Oui : intégration à la masse successorale |
| Héritier mineur ou sous tutelle/curatelle | Oui : protection des incapables |
| Succession sans immobilier, montant < 5 965 €, pas de testament ni donation, tous héritiers majeurs capables | Non : règlement possible sans notaire |
| Compte bancaire unique, solde < 5 000 € | Non : attestation sur l'honneur suffisante (selon politique banque) |
| Conflit entre héritiers sur le partage | Recommandé : même si non obligatoire légalement |
📌 Important : Le seuil bancaire de 5 000 € est une pratique commerciale courante mais non uniforme. Certaines banques appliquent des seuils plus bas (3 000 €) ou plus élevés (10 000 €). Interrogez chaque établissement sur sa politique interne.
Faut-il un notaire pour une succession sans bien immobilier ?
Une succession dépourvue de tout bien immobilier n'échappe pas nécessairement au notaire. L'absence d'immeuble simplifie la procédure, mais le seuil de 5 965 € et la présence éventuelle d'un testament ou d'une donation peuvent imposer le notaire malgré tout.
Pour les successions purement financières (comptes bancaires, assurance-vie, portefeuille titres, livrets d'épargne), le cœur de la difficulté réside dans le déblocage des avoirs. Chaque institution financière applique ses propres règles de vérification de la qualité d'héritier.
La déclaration de succession reste obligatoire dans tous les cas auprès de l'administration fiscale, par le dépôt du formulaire 2705 dans les six mois du décès. Les héritiers peuvent remplir ce formulaire eux-mêmes ou le confier au notaire. Pour des successions modestes composées uniquement de liquidités, les héritiers se chargent souvent de cette formalité sans notaire.
Si vous souhaitez approfondir le fonctionnement complet d'un dossier successoral notarié, consultez notre guide sur le rôle du notaire dans une succession.
Succession limitée à des comptes bancaires : la marche à suivre
Lorsque la succession se résume à des comptes bancaires et que les conditions légales permettent d'éviter le notaire, la procédure suit trois étapes.
- Rassembler les justificatifs : certificat de décès (copie intégrale ou extrait), livret de famille du défunt, pièces d'identité de chaque héritier, RIB de chaque héritier pour le virement des fonds.
- Contacter chaque banque : adresser à chaque établissement un courrier recommandé avec accusé de réception, mentionnant le nom et la date de décès du défunt, la liste des héritiers, et la demande de déblocage des avoirs. Joindre les justificatifs.
- Vérifier le seuil bancaire : interroger la banque sur sa politique interne. Sous 5 000 €, une attestation sur l'honneur cosignée par tous les héritiers suffit en général. Au-delà, la banque exigera un acte de notoriété notarié.
Le délai moyen de déblocage varie de 15 jours à 6 semaines.
Modèle de démarche : lettre de succession sans notaire à la banque
Voici les éléments indispensables à faire figurer dans un courrier de demande de déblocage adressé à la banque du défunt.
- Identité complète du défunt (nom, prénom, date de naissance, date de décès)
- Numéro du ou des comptes concernés
- Identité et coordonnées de chaque héritier (nom, prénom, adresse, téléphone, lien de parenté avec le défunt)
- Référence du certificat de décès (date de délivrance, mairie émettrice)
- Demande explicite de clôture des comptes et de virement des soldes
- RIB de chaque héritier avec indication de la quote-part revenant à chacun
- Attestation sur l'honneur signée par tous les héritiers, certifiant qu'ils sont les seuls ayants droit et que la succession ne comporte ni bien immobilier ni testament ni donation
Ce courrier doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception. La banque peut demander des documents complémentaires (certificat d'hérédité délivré par la mairie du dernier domicile du défunt, notamment).
Cas pratique chiffré : trois héritiers, un appartement, un livret A
Prenons un cas concret pour illustrer le déclenchement de l'obligation de notaire. Monsieur D. décède en laissant un appartement estimé à 180 000 € (valeur vénale à déterminer par expertise ou comparaison de marché) et un livret A crédité de 8 000 €. Il a trois enfants, tous majeurs et capables, aucun testament ni donation antérieure.
Dans cette configuration, le notaire est obligatoire pour deux raisons indépendantes : la présence d'un bien immobilier d'une part, et un actif successoral total de 188 000 €, très supérieur au seuil de 5 965 € d'autre part. Les trois enfants ne peuvent pas se répartir les fonds du livret A sans passer par un notaire, ni devenir propriétaires de l'appartement sans acte authentique.
Le notaire va produire plusieurs actes successifs. Pour comprendre comment sont calculés ses honoraires dans ce type de dossier, vous pouvez consulter notre article sur le calcul des frais de notaire pour une succession.
💡 À noter : La valeur de l'appartement (180 000 € dans cet exemple) est une estimation. La valeur réelle retenue pour le calcul des droits de succession sera déterminée par le notaire, avec possibilité pour l'administration fiscale de la contester si elle paraît sous-évaluée.
Étape 1 : l'acte de notoriété pour prouver la qualité d'héritier
Premier acte dressé par le notaire, l'acte de notoriété (art. 730-5 du Code civil) identifie officiellement les héritiers et fixe leurs droits respectifs. Dans notre cas, il constate que les trois enfants sont héritiers en ligne directe, chacun pour un tiers de la succession.
Le notaire s'appuie sur le livret de famille, les actes de naissance et de mariage, et interroge le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) pour vérifier l'absence de testament. L'acte de notoriété fait foi jusqu'à preuve contraire et permet aux héritiers de justifier leur qualité auprès des banques, des administrations et des tiers.
Cet acte est indispensable pour débloquer les 8 000 € du livret A. Sans lui, la banque refusera de verser les fonds au motif que la qualité d'héritier n'est pas juridiquement établie.
Étape 2 : l'attestation immobilière publiée au service de la publicité foncière
Deuxième acte obligatoire : l'attestation immobilière. Le notaire la rédige sur la base de l'acte de notoriété et la publie au service de la publicité foncière dont dépend l'appartement.
Cette publication actualise le fichier immobilier : les trois enfants y figurent désormais comme propriétaires indivis, chacun pour un tiers. Cette formalité rend la transmission opposable à tous, notamment en cas de vente ultérieure du bien ou de demande de prêt hypothécaire.
Dans la pratique, le notaire vérifie au préalable l'historique de propriété au fichier immobilier (origine de propriété, servitudes éventuelles, hypothèques inscrites). Cette consultation, facturée comme débours, garantit que le bien est librement transmissible. Le délai de publication varie selon le service de la publicité foncière compétent, généralement entre quatre et huit semaines.
Étape 3 : la déclaration de succession dans les délais légaux
Troisième acte : la déclaration de succession fiscale (formulaire 2705). Le notaire la dépose auprès du service des impôts des entreprises (SIE) du domicile du défunt dans les six mois du décès.
Dans notre cas pratique, le notaire calcule les droits de succession dus par chaque enfant sur sa part de 62 667 € (188 000 € / 3). Après application de l'abattement personnel de 100 000 € par enfant (renouvelable tous les 15 ans), aucun droit n'est dû dans cet exemple. L'actif net taxable par enfant (62 667 €) reste inférieur à l'abattement.
Le notaire acquitte les droits auprès du Trésor public pour le compte des héritiers, ou leur remet un avis d'imposition s'ils préfèrent payer directement. Le délai de six mois est sanctionné par un intérêt de retard de 0,20 % par mois et une majoration de 10 % au-delà de douze mois (impots.gouv.fr, 2026).
Erreur courante : croire que le testament dispense du notaire
L'erreur la plus fréquente rencontrée en pratique successorale consiste à penser qu'un testament olographe : écrit, daté et signé de la main du défunt : permet aux héritiers de régler seuls la succession, sans notaire. Cette croyance peut entraîner des blocages sévères.
Le testament olographe est juridiquement valide en la forme, mais il ne produit aucun effet tant qu'il n'a pas été déposé au rang des minutes d'un notaire. En d'autres termes, les héritiers qui détiennent un tel document ne peuvent ni l'opposer à la banque pour débloquer des fonds, ni l'utiliser pour vendre un bien immobilier, ni le présenter à l'administration fiscale.
Les conséquences concrètes de cette erreur sont triples. D'abord, le blocage bancaire : la banque refuse de libérer les avoirs sans acte de notoriété notarié. Ensuite, l'impossibilité de disposer du bien immobilier : le notaire doit publier l'attestation immobilière, et le testament modifie éventuellement la dévolution légale (parts différentes, legs à des tiers). Enfin, le risque fiscal : sans dépôt du testament chez un notaire et sans déclaration de succession conforme, l'administration fiscale peut appliquer des pénalités pour déclaration tardive ou inexacte.
Le dépôt du testament chez un notaire déclenche son enregistrement au fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV). Cet enregistrement sécurise le document contre les testaments concurrents qui pourraient surgir ultérieurement. Pour connaître le tarif de cette formalité, voyez notre article sur le coût du dépôt d'un testament chez un notaire.
Le rôle du notaire pour testament est donc essentiel pour assurer sa validité et son exécution.
⚠️ Attention : Un testament olographe conservé dans un tiroir familial n'a aucune force juridique opposable. Il doit impérativement être remis à un notaire, qui vérifiera sa validité formelle et engagera la procédure de dépôt au FCDDV.
Nouveauté 2026 : la loi sur les successions bloquées et l'indivision
La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, entrée en vigueur le 9 avril 2026, modifie significativement le régime de l'indivision successorale. Ce texte vise à simplifier la sortie de l'indivision et la gestion des successions vacantes, un enjeu de taille quand on sait que les successions vacantes représentent environ 22 % du stock immobilier total disponible (actu-juridique.fr, avril 2026).
Le dispositif antérieur imposait à un indivisaire souhaitant provoquer le partage judiciaire de démontrer un péril imminent ou une urgence particulière. La nouvelle loi assouplit cette condition : désormais, un indivisaire devrait pouvoir saisir le juge aux fins de partage sans avoir à justifier d'une circonstance exceptionnelle (village-justice.com, 2026).
La réforme introduit également des mécanismes destinés à fluidifier la gestion des biens indivis lorsque certains héritiers restent introuvables ou inactifs. Des mesures de publicité renforcée et des délais encadrés visent à éviter l'enlisement des successions, qui peut durer des années quand un héritier bloque le partage.
📌 Important : La loi du 7 avril 2026 est d'application récente. Ses effets concrets sur le contentieux de l'indivision seront mesurés par la pratique judiciaire dans les prochains mois. Pour les successions en cours, un point avec votre notaire s'impose afin d'évaluer si le nouveau dispositif peut débloquer votre situation. Sur la question du choix de l'office notarial, vous pouvez consulter notre article sur changer de notaire en cours de succession.
Quel est le coût d'un notaire pour une succession ?
Les honoraires du notaire chargé d'une succession ne sont pas librement fixés. Ils relèvent d'un tarif réglementé par l'État, inscrit au Code de commerce (art. A444-53 et suivants).
La facture se décompose en trois postes.
- Les émoluments proportionnels : calculés par tranches sur la valeur de l'actif brut successoral (immobilier + meubles + liquidités). Le taux décroît à mesure que l'actif augmente.
- Les émoluments fixes : certains actes sont tarifés forfaitairement. L'acte de notoriété (art. A444-53 du Code de commerce), l'attestation immobilière, la déclaration de succession ont chacun un coût fixe réglementé.
- Les débours : sommes avancées par le notaire pour le compte des héritiers (frais de publication au service de la publicité foncière, consultation du FCDDV, frais de cadastre, etc.).
La TVA au taux de 20 % s'applique sur les émoluments. Pour une estimation chiffrée précise adaptée à votre situation, notre article dédié détaille combien coûte un notaire pour une succession avec le barème complet et un simulateur.
Pour estimer le prix du testament chez le notaire, divers facteurs sont à considérer.
💡 À noter : Le notaire est tenu de remettre aux héritiers, avant toute signature, une provision sur frais détaillée indiquant le montant prévisible de chaque poste. Cette obligation de transparence est prévue par le Code de déontologie notariale.
Fiche pratique
| Référence légale principale | Article 730-5 du Code civil (acte de notoriété) |
| Seuil déclenchant l'obligation de notaire | 5 965 € (montant de la succession) : source : service-public.fr, janvier 2026 |
| Autres cas d'obligation | Bien immobilier, testament, donation entre vifs, héritier mineur ou majeur protégé |
| Actes produits par le notaire | Acte de notoriété, attestation immobilière, déclaration de succession, acte de partage |
| Délai de déclaration de succession | 6 mois à compter du décès (12 mois si décès hors métropole) |
| Nouveauté législative 2026 | Loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 (entrée en vigueur le 9 avril 2026) : sortie de l'indivision et gestion des successions vacantes |
| Où s'informer ? | service-public.fr : fiche F1266 ; impots.gouv.fr : déclaration de succession ; notaires.fr : Conseil supérieur du notariat |
Sources
Les informations ci-dessus sont indicatives et n'engagent pas leur auteur. Faites valider votre situation par un avocat avant toute démarche contentieuse.
Questions sur la succession
Est-il possible de régler une succession sans notaire ?
Oui, régler une succession sans notaire est possible si deux conditions cumulatives sont remplies : le défunt ne possédait aucun bien immobilier ET le montant total de la succession est inférieur à 5 965 €. En l'absence de testament ou de donation entre vifs, les héritiers peuvent alors effectuer eux-mêmes les démarches auprès des banques et des organismes détenteurs des avoirs, sans passer par un notaire.
Est-il possible de ne pas aller chez le notaire pour une succession ?
On peut se passer de notaire uniquement pour une succession d'un montant inférieur à 5 965 €, sans bien immobilier, sans testament ni donation, et sans héritier mineur ou protégé. Dès qu'un seul de ces éléments est présent, le recours au notaire devient obligatoire : pour établir l'acte de notoriété (art. 730-5 du Code civil), publier l'attestation immobilière au service de la publicité foncière, ou déposer le testament.
Quel est le coût d'un notaire pour une succession ?
Les émoluments du notaire pour une succession sont fixés par un tarif réglementé national et varient selon la valeur du patrimoine transmis. Ils comprennent des émoluments proportionnels (calculés par tranches sur l'actif brut), des émoluments fixes pour certains actes (acte de notoriété, attestation immobilière) et des débours (frais de publication, de fichier central). La TVA au taux de 20 % s'applique sur les émoluments. Pour une estimation précise, le simulateur du Conseil supérieur du notariat est disponible en ligne.
Est-il obligatoire de passer chez le notaire ?
Non, passer chez le notaire n'est pas automatiquement obligatoire après un décès. La loi impose le notaire uniquement dans quatre cas : présence d'un bien immobilier dans la succession, montant total égal ou supérieur à 5 965 €, existence d'un testament ou d'une donation entre vifs, ou présence d'un héritier mineur ou majeur protégé. Hors ces situations, les héritiers peuvent régler la succession par leurs propres moyens.
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