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Succession de 300.000 € : combien allez-vous payer en droits et frais en 2026 ?

Calcul complet des droits de succession sur 300.000 € en 2026 : barème progressif, abattements par lien de parenté, frais de notaire et exemple chiffré pour un enfant héritier.

Par Laura Collet 10 min de lecture

Recevoir un héritage de 300.000 € ne signifie pas empocher cette somme intégralement. Les droits de succession et les frais de notaire viennent réduire le montant net perçu par les héritiers. Pour répondre à la question « quels sont les frais de succession pour 300.000 € ? », il faut distinguer selon le lien de parenté avec le défunt : le taux d'imposition et l'abattement applicable changent du tout au tout. En 2026, le coût total peut varier de 0 € (conjoint survivant) à plus de 150.000 € (héritier sans lien de parenté). Ce guide vous donne le calcul précis, article par article, avec des exemples concrets.

Frais de succession pour 300.000 € : le montant selon votre lien de parenté

Première chose à regarder : votre abattement personnel. C'est lui qui détermine le montant des droits de succession sur 300.000 €. Ce crédit d'impôt se déduit de l'actif net avant application du barème. Petit tour des cas les plus courants en 2026.

  • Conjoint survivant : 0 € de droits. Le conjoint est totalement exonéré de droits de succession (article 796-0 bis du CGI). Seuls les frais de notaire restent dus, soit environ 1.500 à 2.500 €.
  • Enfant (ligne directe) : abattement de 100.000 € par enfant et par parent (article 779 du CGI). Sur 300.000 €, l'assiette taxable est de 200.000 €. Les droits s'élèvent à environ 38.200 €.
  • Frère ou sœur : abattement de 15.932 € (article 788 du CGI). L'assiette taxable atteint 284.068 €. Après application du barème spécifique (35 % puis 45 %), les droits approchent 130.000 €.
  • Neveu ou nièce : abattement de 7.967 €. Le barème est de 55 %. Les droits dépassent 160.000 €.
  • Héritier sans lien de parenté : abattement de seulement 1.594 €. Le taux est de 60 %. Les droits atteignent environ 179.000 €.

Ces montants n'incluent pas les frais de notaire ni les éventuels frais funéraires déductibles à hauteur de 1.500 € (article 774 du CGI). Pour un calcul personnalisé, utilisez le simulateur droit de succession du site service-public.fr.

Abattements applicables sur une succession de 300.000 € en 2026

L'abattement, c'est la première variable à connaître pour calculer les droits. Il s'applique sur la part nette revenant à chaque héritier avant l'application du barème progressif. En 2026, les abattements sont les suivants :

  • Enfant : 100.000 € par enfant et par parent défunt. Un enfant qui hérite de ses deux parents successivement bénéficie donc de deux abattements distincts.
  • Conjoint survivant : exonération totale, ce qui équivaut à un abattement infini. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint ne paie aucun droit de succession.
  • Frère ou sœur (sous conditions) : 15.932 € (article 788 du CGI). Ce montant est doublé à 31.865 € si le frère ou la sœur vivait avec le défunt depuis au moins 5 ans avant le décès.
  • Neveu ou nièce : 7.967 €.
  • Héritier non parent (collatéraux éloignés, étrangers) : 1.594 €.
  • Personne handicapée : abattement majoré de 80.724 € en sus de l'abattement de droit commun (article 790 du CGI). Cette majoration s'applique quelle que soit la nature du lien de parenté, sous réserve que l'héritier soit titulaire de la carte d'invalidité.

Ces abattements se reconstituent tous les 15 ans (délai fiscal). Si une donation a été consentie moins de 15 ans avant le décès, elle réduit d'autant l'abattement disponible. Pour aller plus loin sur le calcul détaillé, consultez notre guide Droits de succession barème et abattements 2026.

L'essentiel

  • Sur 300.000 € hérités, les droits de succession varient de 0 € (conjoint survivant) à environ 179.000 € (héritier sans lien de parenté).
  • Un enfant paie environ 38.200 € de droits après l'abattement de 100.000 € (article 779 du CGI) et l'application du barème progressif par tranches.
  • Les frais de notaire s'ajoutent aux droits : compter 1.500 à 3.500 € selon la complexité de la succession.
  • L'assurance-vie offre une exonération partielle (152.500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans), ce qui peut réduire ou annuler les droits sur 300.000 € de capitaux décès.
  • Les frais funéraires sont déductibles à hauteur de 1.500 € et les abattements se reconstituent tous les 15 ans. Chaque situation requiert un calcul personnalisé.

Barème des droits de succession : quel taux pour chaque tranche ?

L'abattement appliqué, place au barème progressif par tranches. Et attention : le taux dépend du lien de parenté. Pour les héritiers en ligne directe (enfants, parents), le barème est le suivant (article 777 du CGI) :

  • Jusqu'à 8.072 € : 5 %
  • De 8.072 € à 12.109 € : 10 %
  • De 12.109 € à 15.932 € : 15 %
  • De 15.932 € à 552.324 € : 20 %
  • De 552.324 € à 902.838 € : 30 %
  • De 902.838 € à 1.805.677 € : 40 %
  • Au-delà de 1.805.677 € : 45 %

Petit piège à éviter : le calcul s'effectue par tranche, pas en appliquant un taux unique à la totalité de l'assiette. Exemple concret : si l'assiette taxable est de 200.000 €, seule la fraction comprise entre 15.932 € et 200.000 € est taxée à 20 %.

Pour les frères et sœurs, le barème est différent (article 788 du CGI) : 35 % jusqu'à 24.430 €, puis 45 % au-delà. Pour les neveux et nièces : 55 %. Pour les autres héritiers : 60 %.

Un cas particulier mérite d'être signalé : l'abattement exceptionnel de 20.000.000 € prévu à l'article 793 bis du CGI pour les biens culturels ou naturels conservés par l'héritier pendant au moins 5 ans. Dans la pratique, ce dispositif est très rare et ne concerne pas une succession classique de 300.000 €.

Exemple concret : droits à payer pour un enfant sur 300.000 € hérités

Prenons le cas le plus fréquent : un enfant unique hérite de 300.000 € de son père décédé en juin 2026. Le père était veuf. Voici le calcul pas à pas.

Étape 1 : l'abattement. L'enfant bénéficie d'un abattement de 100.000 € (article 779 du CGI). L'assiette taxable est donc de 300.000 € - 100.000 € = 200.000 €.

Étape 2 : application du barème par tranche (article 777 du CGI).

  • Tranche 1 : 8.072 € × 5 % = 403,60 €
  • Tranche 2 : (12.109 € - 8.072 €) = 4.037 € × 10 % = 403,70 €
  • Tranche 3 : (15.932 € - 12.109 €) = 3.823 € × 15 % = 573,45 €
  • Tranche 4 : (200.000 € - 15.932 €) = 184.068 € × 20 % = 36.813,60 €

Total des droits : 38.194,35 €, soit environ 12,7 % du montant hérité.

Étape 3 : déduction des frais funéraires. Les frais d'obsèques sont déductibles à hauteur de 1.500 € (article 774 du CGI). Si le total des frais dépasse ce montant, le solde peut être déduit s'il est justifié. L'actif net passe alors à 298.500 €, ce qui réduit légèrement les droits.

Étape 4 : ajout des frais de notaire. Les émoluments du notaire (environ 1.500 à 2.500 €) s'ajoutent aux droits. Le coût total de la succession pour l'enfant est donc d'environ 40.000 €, sur les 300.000 € hérités. Retrouvez des cas similaires avec notre simulateur frais de succession parents enfants.

Frais de notaire : quel budget prévoir en plus des droits ?

Les droits de succession ne sont pas les seuls frais à payer. Le notaire facture des émoluments, des débours et la TVA. Ces frais sont prélevés sur l'actif successoral avant le partage.

Émoluments proportionnels (barème réglementé). Le tarif du notaire est fixé par arrêté ministériel. Pour une succession de 300.000 €, les émoluments (part de l'État) se décomposent ainsi :

  • 0 % de 0 à 6.500 €
  • 1,55 % de 6.500 € à 27.000 €
  • 0,935 % de 27.000 € à 290.000 €
  • 0,605 % de 290.000 € à 300.000 €

Soit environ 2.200 € d'émoluments hors TVA. Avec la TVA à 20 %, le total atteint environ 2.640 €.

Débours et formalités. Le notaire avance des frais (certificats d'urbanisme, état civil, publication foncière). Comptez 300 à 600 € selon la complexité.

Frais de partage. Si la succession est partagée entre plusieurs héritiers, des frais supplémentaires de liquidation-partage s'ajoutent, de l'ordre de 1 % à 2 % de l'actif net.

Total des frais de notaire sur une succession simple de 300.000 € : entre 1.500 € (succession sans bien immobilier) et 3.500 € (succession avec immobilier et partage). Pour une explication détaillée du rôle du notaire, lisez notre article Notaire succession : rôle, frais et délais en 2026.

Assurance-vie et autres exonérations : réduire les frais sur 300.000 €

L'assurance-vie échappe en grande partie aux droits de succession. C'est un outil de transmission privilégié, et les règles dépendent surtout de la date de versement des primes.

Primes versées avant 70 ans. Les capitaux décès sont exonérés de droits de succession pour chaque bénéficiaire dans la limite de 152.500 € (article 990 I du CGI). Au-delà, le capital est taxé à 20 % jusqu'à 700.000 €, puis à 31,25 %. Concrètement, si le défunt avait souscrit un contrat d'assurance-vie de 300.000 €, le bénéficiaire ne paie aucun droit pour la fraction inférieure ou égale à 152.500 €.

Primes versées après 70 ans. Règle différente : seules les primes (hors intérêts) versées après le 70e anniversaire du souscripteur sont soumises aux droits de succession, après un abattement global de 30.500 € (article 757 B du CGI). Les intérêts générés restent exonérés.

Autres exonérations notables.

  • Biens ruraux donnés à bail à long terme : exonération partielle de 75 % sur la valeur (article 793 du CGI).
  • Forêt et bois : exonération de 75 % sous condition d'un engagement de gestion durable.
  • Entreprises : exonération de 75 % dans le cadre du pacte Dutreil (article 787 B du CGI), sous réserve d'un engagement de conservation.

Ces exonérations peuvent réduire considérablement les frais de succession. Si le défunt possédait des biens professionnels ou forestiers, le calcul des droits sur 300.000 € peut chuter de près de 75 %, passant de 38.000 € à moins de 10.000 € pour un enfant.

Sources

Fiche pratique

Articles de loiArticle 777 du CGI (barème ligne directe), Article 779 du CGI (abattement enfant 100.000 €), Article 788 du CGI (abattement frère/sœur 15.932 €), Article 790 du CGI (majoration handicap 80.724 €), Article 774 du CGI (frais funéraires 1.500 €), Article 793 bis du CGI (exonération biens culturels 20.000.000 €), Article 990 I du CGI (assurance-vie 152.500 €)
Abattements 2026Enfant : 100.000 € | Conjoint : exonération totale | Frère/sœur : 15.932 € (31.865 € si cohabitation 5 ans) | Neveu/nièce : 7.967 € | Non-parent : 1.594 €
Barème successoral direct0 à 8.072 € : 5% | 8.072 à 12.109 € : 10% | 12.109 à 15.932 € : 15% | 15.932 à 552.324 € : 20% | Au-delà : 30% à 45%
Délai de déclaration6 mois à compter du décès (succession en France). Déclaration et paiement auprès du service des impôts des particuliers (SIP) du domicile du défunt.
Juridiction compétenteTribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession (dernier domicile du défunt). Pour tout litige, consulter un avocat spécialisé en droit successoral.

Les informations ci-dessus sont indicatives et n'engagent pas leur auteur. Faites valider votre situation par un avocat avant toute démarche contentieuse.

Questions sur la succession

Est-ce que les enfants doivent payer des frais de succession ?

Oui, les enfants paient des droits de succession sur la part qui leur revient, après un abattement de 100.000 € par enfant et par parent (article 779 du CGI). Au-delà de cet abattement, le barème progressif s'applique : de 5% jusqu'à 8.072 € à 20% jusqu'à 552.324 €. Prenons un exemple : un enfant qui hérite seul de 300.000 € paie environ 38.200 € de droits. Il doit aussi s'acquitter des frais de notaire, soit 1.500 à 3.500 € selon la complexité du dossier.

Quels sont les frais de succession à payer sur une maison de 250.000 € ?

Les frais de succession sur une maison de 250.000 € dépendent du lien de parenté avec le défunt. Pour un enfant, après l'abattement de 100.000 €, l'assiette taxable est de 150.000 €. Les droits s'élèvent à environ 27.000 € (barème progressif par tranches). À cela s'ajoutent les frais de notaire (environ 2.000 €) et les frais funéraires déductibles à hauteur de 1.500 €. Si l'enfant habite la maison et respecte certaines conditions, une exonération partielle peut s'appliquer.

Quel est le tableau de calcul des frais de succession ?

Le calcul des droits de succession suit trois étapes. 1) Appliquer l'abattement selon le lien de parenté (ex : 100.000 € pour un enfant). 2) Appliquer le barème progressif (article 777 du CGI) : 5% sur la tranche 0-8.072 €, 10% de 8.072 € à 12.109 €, 15% de 12.109 € à 15.932 €, 20% de 15.932 € à 552.324 € (ligne directe). 3) Ajouter les frais de notaire (barème réglementé, environ 1,5% de l'actif pour une succession de 300.000 €). Le total constitue les frais de succession.

Le conjoint survivant paie-t-il des droits sur 300.000 € ?

Non, le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007 (article 796-0 bis du CGI). Quel que soit le montant hérité, y compris 300.000 € ou davantage, il ne paie aucun droit. Seuls les frais de notaire restent à sa charge, soit environ 1.500 à 2.500 € sur une succession de cette importance. Cette exonération s'applique aussi au partenaire de Pacs.