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Calcul droits de succession neveux en 2026

Comment calculer les droits de succession d'un neveu ou d'une nièce en 2026 ? Abattement, barème fiscal, exemples chiffrés et astuces d'optimisation.

Par Laura Collet 9 min de lecture
Calcul droits de succession neveux en 2026

Les droits de succession pour un neveu ou une nièce reposent sur un abattement de 7 967 € appliqué à la part nette reçue, puis sur un taux de 55 % sur le solde (art. 777 et 779 V du Code général des impôts). Loin du traitement réservé aux enfants : qui profitent d'un abattement de 100 000 € en ligne directe : cette fiscalité peut s'avérer particulièrement sévère. Connaître ces règles permet d'estimer la facture à l'avance et, si possible, d'organiser une transmission de son vivant.

En bref

  • Un neveu ou une nièce bénéficie d'un abattement de 7 967 € sur sa part successorale (art. 779 V CGI), contre 100 000 € pour un enfant.
  • Après abattement, les droits sont calculés selon le barème des successions en ligne collatérale : 55 % pour les héritiers entre le 3e et le 4e degré.
  • Si le défunt n'a ni enfant ni conjoint survivant, les neveux et nièces héritent par représentation de leur parent prédécédé (art. 752 Code civil).
  • Une donation de son vivant permet de réduire la base taxable : l'abattement de 7 967 € se renouvelle tous les 15 ans.
  • Toute situation concrète nécessite de consulter un notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions.

Droits de succession neveux : les règles fiscales applicables

Le calcul se fait en deux temps. D'abord, on applique un abattement sur la part nette reçue. Ensuite, on taxe le solde restant.

L'article 779 V du CGI fixe cet abattement à 7 967 € par neveu ou nièce. Autant dire que c'est peu, comparé aux 100 000 € accordés aux enfants et parents du défunt (art. 779 I CGI). Pour un neveu qui hérite de 80 000 €, la base imposable tombe à 72 033 € (80 000 - 7 967).

Passé cette déduction, le taux qui s'applique est celui prévu à l'article 777 du CGI (tableau III) pour les transmissions entre collatéraux. Les neveux et nièces, situés au 3e degré de parenté, se voient appliquer un taux fixe de 55 % sur la totalité de leur part nette taxable. Ce n'est pas un barème progressif par tranches : c'est un taux unique, ce qui le distingue des frères et sœurs (35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà, selon village-justice.com).

Sur les 72 033 € de l'exemple, les droits dus atteignent donc environ 39 618 €. La charge est lourde. Pour visualiser votre propre situation, un simulateur droit de succession peut vous donner une estimation rapide.

Qui hérite en l'absence d'enfants : la place des neveux dans la succession

Un neveu ou une nièce n'hérite pas automatiquement. Tout dépend de la composition de la famille au moment du décès.

Les articles 731 à 767 du Code civil organisent la dévolution successorale en quatre ordres :

  • 1er ordre : les descendants directs (enfants, petits-enfants)
  • 2e ordre : les ascendants (parents) et les collatéraux privilégiés (frères et sœurs)
  • 3e ordre : les ascendants ordinaires (grands-parents)
  • 4e ordre : les collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins)

Les neveux et nièces s'inscrivent dans le 2e ordre, mais uniquement par représentation de leur parent décédé. L'article 752 du Code civil le précise : les descendants d'un héritier prédécédé prennent sa place dans la succession.

Concrètement : si le défunt n'a ni enfant ni conjoint survivant, et que l'un de ses frères est mort avant lui, les enfants de ce frère : ses neveux : recueillent la part qui lui aurait été attribuée. La même règle joue si un frère renonce à la succession : ses enfants peuvent alors le représenter.

Et si tous les frères et sœurs sont décédés, sans qu'aucun descendant ni parent survivant n'existe ? Les neveux et nièces héritent alors directement, sans représentation : à condition qu'aucun héritier de rang supérieur ne soit là pour primer.

Comment calculer les droits de succession entre un oncle et un neveu : exemple chiffré

Situation : Monsieur Dupont décède sans enfant ni conjoint. Sa sœur est elle aussi décédée. Il laisse deux neveux : Marc et Sophie, enfants de sa sœur. Le patrimoine net s'élève à 150 000 €, partagé à parts égales : 75 000 € chacun.

Calcul pour Marc :

  • Part brute reçue : 75 000 €
  • Abattement légal (art. 779 V CGI) : - 7 967 €
  • Base taxable : 67 033 €
  • Taux applicable (collatéral, 3e degré) : 55 %
  • Droits dus : 36 868 €

Marc doit verser plus de 36 000 € au fisc pour hériter de 75 000 €. Sophie supporte le même montant. Au total, la succession perd près de 73 700 € en droits. C'est presque la moitié du patrimoine transmis.

Ce constat illustre pourquoi anticiper la transmission de son vivant change tout. Les donations régulières permettent de profiter du renouvellement de l'abattement tous les 15 ans : un levier accessible, à condition de ne pas attendre trop longtemps. Pour comparer avec d'autres configurations familiales, notre guide sur les droits de succession barème et abattements offre une vue d'ensemble.

(Attention : ce calcul ne tient pas compte des dettes du défunt, des frais funéraires déductibles ou d'autres passifs. Le notaire établira la déclaration définitive.)

Cas particulier : le neveu handicapé et l'abattement spécifique

Peu de gens le savent, mais la loi prévoit un abattement bien plus généreux pour les héritiers en situation de handicap.

L'article 779 II du CGI accorde 159 325 € d'abattement supplémentaire à tout héritier : quel que soit son lien de parenté : atteint d'une infirmité physique ou mentale, congénitale ou acquise, qui l'empêche de travailler dans des conditions normales. Cet abattement se cumule avec les 7 967 € de droit commun applicables aux neveux et nièces.

Un neveu handicapé bénéficie donc d'un abattement total de 167 292 € (159 325 + 7 967). Dans la très grande majorité des successions, cela suffit à effacer intégralement les droits.

Pour en bénéficier, il faut justifier du handicap par tout document médical approprié : certificat médical, décision de la MDPH, ou tout autre élément reconnu par l'administration fiscale. La preuve est libre, mais elle doit être solide.

Par ailleurs, si le neveu est désigné comme légataire particulier dans un testament, la valeur du bien légué s'impute sur sa part successorale avant le calcul des droits. La rédaction du testament a donc un impact direct sur la fiscalité finale : raison de plus pour consulter un notaire en amont.

Réduire la charge fiscale : les stratégies de transmission aux neveux

Plusieurs leviers permettent de réduire la facture fiscale des neveux et nièces. Mais ils supposent tous d'agir avant le décès.

La donation de son vivant reste le mécanisme le plus direct. L'abattement de 7 967 € (art. 779 V CGI) se renouvelle tous les 15 ans : un oncle ou une tante qui donne régulièrement à chaque neveu réduit d'autant la masse taxable à son décès. Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration des dons d'argent est obligatoirement effectuée par télédéclaration (actu-juridique.fr, janvier 2026). Le non-respect de cette formalité expose à des sanctions fiscales.

L'assurance-vie offre une voie parallèle : les capitaux versés à un bénéficiaire désigné : y compris un neveu : sont en principe hors succession, sous réserve des règles propres au produit (art. L132-12 du Code des assurances). Nuance importante : les primes versées après 70 ans sont partiellement réintégrées dans la succession.

Le testament permet d'organiser précisément ce que reçoit chaque neveu, dans la limite de la quotité disponible. Si le défunt n'a pas d'enfant, cette quotité est totale : il peut léguer l'intégralité de son patrimoine à ses neveux sans contrainte de réserve héréditaire.

Pour une approche centrée sur la transmission d'un bien immobilier, notre guide sur les frais de succession parents enfants pour une maison apporte des éclairages complémentaires utiles.

Démarches pratiques après le décès : ce que doit faire le neveu héritier

Hériter en tant que neveu ou nièce, c'est aussi respecter des délais qui ne souffrent pas d'imprécision.

Acceptation ou renonciation : le neveu dispose de 4 mois à compter du décès pour se prononcer (art. 771 du Code civil). Sans décision dans ce délai, le tribunal peut être saisi pour le contraindre à choisir sous 2 mois supplémentaires. La renonciation se formalise auprès du greffe du tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession.

Déclaration de succession : elle doit être déposée auprès du service des impôts du domicile du défunt dans les délais suivants :

  • 6 mois à compter du décès, si celui-ci a eu lieu en France métropolitaine
  • 12 mois lorsque le décès est survenu à l'étranger ou dans un département d'outre-mer

Paiement des droits : les droits sont exigibles à la date de dépôt de la déclaration. Un paiement fractionné ou différé peut être demandé sous certaines conditions (art. 1717 du CGI) : notamment quand la succession comprend des biens non liquides comme des immeubles ou des parts sociales.

Faire appel à un notaire pour la succession est fortement recommandé, et même obligatoire dès qu'un bien immobilier est en jeu. C'est lui qui établit l'acte de notoriété, identifie les héritiers et rédige la déclaration de succession.

Fiche pratique

Abattement neveux/nièces (succession)7 967 € par héritier (art. 779 V CGI, actualisé mai 2026)
Abattement enfants (ligne directe)100 000 € par enfant (art. 779 I CGI)
Abattement handicap (tous héritiers)159 325 € cumulable avec l'abattement de droit commun (art. 779 II CGI)
Taux applicable aux neveux/nièces55 % sur la part nette taxable (art. 777 CGI, tableau III : collatéraux 3e degré)
Taux frères et sœurs (pour comparaison)35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà (art. 777 CGI)
Renouvellement de l'abattement (donation)Tous les 15 ans
Délai déclaration de succession (France métropolitaine)6 mois à compter du décès
Délai déclaration (décès à l'étranger/DOM)12 mois à compter du décès
Délai d'option successorale4 mois à compter du décès (art. 771 Code civil)
Représentation successoraleArt. 752 du Code civil
Télédéclaration des dons manuelsObligatoire depuis le 1er janvier 2026
Juridiction compétenteTribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession (dernier domicile du défunt)
Service compétent pour la déclarationService des impôts du domicile du défunt (impots.gouv.fr)
Sources officielleslegifrance.gouv.fr : art. 777, 779 CGI ; service-public.fr ; notaires.fr

Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.

Questions sur la succession

Quel est le droit de succession d'un neveu à une tante ?

Un neveu qui hérite de sa tante bénéficie d'un abattement de **7 967 €** sur sa part nette (art. 779 V du CGI). Le solde restant est ensuite taxé au taux unique de **55 %**, prévu à l'article 777 du CGI pour les transmissions entre collatéraux du 3e degré. Exemple concret : sur une part de **50 000 €**, la base taxable est de **42 033 €** et les droits s'élèvent à environ **23 118 €**.

Comment calculer les droits de succession entre un oncle et un neveu ?

Deux étapes. D'abord, soustraire l'abattement de **7 967 €** (art. 779 V CGI) de la part nette reçue par le neveu. Ensuite, appliquer le taux de **55 %** sur le solde : taux fixé à l'article 777 du CGI pour les transmissions entre collatéraux au 3e degré. À noter : en cas de handicap de l'héritier, un abattement supplémentaire de **159 325 €** peut s'y ajouter (art. 779 II CGI).

Qui hérite d'une tante qui n'a pas d'enfants ?

En l'absence d'enfants et de conjoint survivant, la succession revient aux frères et sœurs du défunt (2e ordre). Si l'un d'eux est décédé avant la tante, ses enfants : les neveux et nièces : héritent par représentation de leur parent prédécédé, conformément à l'article 752 du Code civil. Et si tous les frères et sœurs sont absents, les neveux et nièces peuvent hériter directement, sans représentation.

Quel est l'abattement pour l'héritage d'un neveu ?

L'abattement légal pour un neveu ou une nièce est de **7 967 €**, prévu à l'article 779 V du Code général des impôts (mis à jour au 26 mai 2026 sur Légifrance). Il se renouvelle tous les **15 ans**, ce qui ouvre la possibilité de donations régulières pour réduire progressivement la base taxable au décès. En cas de handicap, un abattement complémentaire de **159 325 €** peut s'y cumuler.

Peut-on exonérer un neveu des droits de succession ?

Une exonération totale reste rare pour un neveu. Elle n'est possible que si sa part nette après abattement est nulle (patrimoine inférieur à **7 967 €**) ou s'il bénéficie de l'abattement handicap (**159 325 €** supplémentaires). L'assurance-vie, en revanche, constitue un vrai outil : les capitaux versés à un neveu désigné bénéficiaire sont en principe hors succession, dans les limites fixées par le Code des assurances (art. L132-12), ce qui permet de transmettre des sommes significatives sans droits de succession.