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Liste mobilier notaire exemple : modèle gratuit et barème
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Liste mobilier notaire : modèle gratuit pièce par pièce pour réduire vos frais

Exemple de liste mobilier notaire à compléter pour déduire les meubles des frais de notaire. Modèle pièce par pièce, simulation d'économies et barème 2026

Laura ColletLaura Collet 17 min de lecture
La Liste du Mobilier Obligatoire en Location Meublée

Annexer une liste de mobilier au compromis de vente permet de soustraire la valeur des meubles meublants de l'assiette des droits de mutation à titre onéreux (5,80 % en zone normale, 2026). Seuls les biens mobiles par nature (canapés, literie, électroménager démontable) sont déductibles. La valorisation doit refléter la valeur vénale réelle d'occasion ; une surévaluation expose à un redressement fiscal avec pénalités de 40 à 80 %.

Annexer une liste de mobilier au compromis de vente permet de réduire l'assiette des droits de mutation : le montant des meubles est soustrait du prix immobilier avant calcul des frais de notaire. Cette pratique, encadrée par le Code civil et soumise au contrôle de l'administration fiscale, exige une valorisation réaliste pièce par pièce. Un cas concret chiffré illustre l'économie nette réalisable, et les règles spécifiques à la succession (forfait mobilier à 5 %) sont détaillées pour les situations d'indivision ou d'inventaire notarié.

Ce qu'il faut retenir

  • La liste de mobilier annexée au compromis de vente réduit l'assiette des droits de mutation : le montant des meubles meublants est déduit du prix avant calcul des frais de notaire.
  • Seuls les meubles mobiles et démontables sont acceptés : les éléments scellés au bâti (cheminée, parquet collé, volets) sont exclus de la déduction.
  • La valorisation doit refléter la valeur vénale réelle au jour de la vente ; des factures ou une cote de reprise sont recommandées pour justifier les montants.
  • En succession, faute d'inventaire notarié, l'administration fiscale applique un forfait de 5 % de l'actif net successoral pour évaluer le mobilier.
  • Surévaluer frauduleusement le mobilier expose à un redressement fiscal : l'administration peut requalifier l'opération et appliquer des pénalités.

Pourquoi dresser une liste de mobilier pour le notaire ?

La liste de mobilier remplit deux fonctions distinctes selon le contexte juridique. En vente immobilière, elle réduit mécaniquement la base taxable aux droits de mutation à titre onéreux. En succession, l'inventaire mobilier permet d'échapper au forfait fiscal de 5 % appliqué par défaut. Ces deux situations obéissent à des logiques différentes.

Le Code civil, dans son Livre II, pose la distinction fondamentale entre immeubles par nature et meubles par nature (legifrance.gouv.fr). Un canapé se transporte, une cheminée maçonnée non. Cette ligne de partage commande l'ensemble des règles qui suivent.

📌 Important : la liste de mobilier n'est pas un simple document pratique : elle engage juridiquement le vendeur et l'acquéreur. Toute surévaluation délibérée peut être sanctionnée par l'administration fiscale.

Liste mobilier en vente immobilière : déduire les frais de notaire

Dans une vente immobilière, les droits de mutation à titre onéreux (communément appelés « frais de notaire ») sont calculés sur le prix du bien immobilier. En annexant une liste détaillée de mobilier au compromis de vente, le vendeur et l'acquéreur distinguent le prix de l'immeuble du prix des meubles meublants qui l'accompagnent.

Le mécanisme : les droits de mutation s'appliquent uniquement sur la part immobilière du prix. Les meubles, valorisés à leur valeur vénale réelle, sont exclus de l'assiette. Pour un bien vendu 300 000 € avec un mobilier valorisé 8 000 €, la base taxable passe à 292 000 €. Les droits de mutation à 5,80 % (taux 2026 en zone normale) sont alors calculés sur ce montant réduit.

L'Arrêté du 29 janvier 2024 portant approbation des règles déontologiques notariales (legifrance.gouv.fr) rappelle que le notaire, officier ministériel, doit vérifier la cohérence des montants déclarés. Il n'est pas un simple enregistreur : il engage sa responsabilité professionnelle sur l'acte authentique qu'il reçoit.

Liste mobilier en succession : l'inventaire notarié et ses enjeux

Le contexte successoral est différent. Lors du décès d'une personne, ses héritiers doivent déclarer l'ensemble de l'actif successoral à l'administration fiscale. Le mobilier en fait partie. Faute d'inventaire détaillé, la DGFiP applique un forfait : 5 % de l'actif net successoral est présumé représenter la valeur des meubles.

Ce forfait peut être désavantageux si le mobilier a peu de valeur. Inversement, il peut être favorable pour une succession comportant des meubles de grande valeur non inventoriés. Un inventaire notarié : ou dressé par un commissaire de justice : permet de substituer une valeur réelle au forfait.

La Cour d'appel de Douai, dans un arrêt du 16 février 2026 (RG n°25/01000), illustre les difficultés pratiques : un litige portait sur une liste de mobilier « prétendu indivis » entre héritiers, dont l'existence même était contestée. L'inventaire précis et contradictoire évite ce type de contentieux.

Quels meubles sont déductibles des frais de notaire ?

La qualification juridique des biens détermine ce qui peut figurer sur la liste. Le Code civil (Livre II, articles 527 et suivants, legifrance.gouv.fr) distingue les meubles par nature : objets pouvant se déplacer sans altération du bien immobilier : des immeubles par destination, attachés à perpétuelle demeure.

Cette distinction n'est pas théorique. Elle a des conséquences fiscales directes. Un meuble de cuisine vissé au mur mais démontable sans dégradation est un meuble par nature. Une chaudière murale raccordée au circuit de chauffage central est un immeuble par destination et ne peut être déduite.

Les meubles meublants acceptés par le notaire

Les meubles meublants constituent le cœur de la liste déductible. La pratique notariale et la doctrine fiscale retiennent les catégories suivantes :

  • Mobilier de salon et salle à manger : canapés, fauteuils, tables, chaises, buffets, bibliothèques démontables, meubles TV
  • Literie et chambres : lits (sommier + matelas), tables de chevet, armoires et dressings non encastrés, commodes
  • Cuisine : éléments démontables (meubles bas et hauts non scellés au gros œuvre), électroménager (four, réfrigérateur, lave-vaisselle, hotte aspirante, plaque de cuisson), plan de travail amovible
  • Objets décoratifs mobiles : tableaux accrochés (non incorporés), tapis, rideaux, luminaires (lustres, appliques démontables), miroirs
  • Électroménager divers : lave-linge, sèche-linge, congélateur (hors éléments encastrés dans le bâti)

Le critère opérationnel : peut-on retirer l'objet sans outillage lourd et sans laisser de trace significative sur le bâti ? Si oui, il est probablement un meuble meublant déductible.

Ce qui n'est PAS considéré comme mobilier déductible

Certains éléments, bien que courants dans une maison, ne peuvent pas être déduits des frais de notaire. Ils sont considérés comme immeubles par destination ou par nature.

Sont exclus de la liste déductible :

  • Les éléments fixés au bâti : cheminées maçonnées, parquet collé, carrelage, volets, portes intérieures, verrière scellée
  • Les équipements incorporés au gros œuvre : chaudière, radiateurs, climatisation gainée, système d'alarme câblé, VMC
  • Les aménagements sur mesure : placards sous escalier intégrés à la structure, dressing maçonné, cuisine intégrée avec îlot central scellé
  • Les éléments extérieurs : portail automatique ancré, terrasse dallée, abri de jardin en dur avec fondations

En pratique, le doute profite rarement au contribuable. Face à un élément dont la qualification est incertaine, le notaire conseille généralement de ne pas l'inclure dans la liste plutôt que de risquer un rejet lors d'un contrôle fiscal ultérieur.

Exemple de liste mobilier notaire pièce par pièce (modèle à compléter)

Le modèle ci-dessous illustre concrètement la structuration d'une liste de mobilier pièce par pièce. Les valeurs inscrites doivent refléter la valeur vénale réelle au jour de la vente : c'est-à-dire le prix qu'un acheteur accepterait de payer pour ces meubles d'occasion, en l'état. Les colonnes proposées sont : désignation du meuble, quantité, valeur unitaire estimée, total par ligne.

💡 À noter : conservez les factures d'achat, des photos datées des meubles et, pour les pièces de valeur, une cote de reprise d'un antiquaire ou brocanteur. Ces justificatifs seront utiles en cas de contrôle fiscal.

Le modèle est à compléter selon la composition réelle du logement. Les prix unitaires sont des estimations d'occasion courante : à ajuster en fonction de l'état et de l'âge réels.

Modèle liste mobilier notaire : cuisine et électroménager

La cuisine concentre souvent les valeurs les plus élevées en raison de l'électroménager. Attention : seuls les éléments démontables sont déductibles.

DésignationQtéValeur unitaireTotal
Meuble bas (60 cm, démontable)480 €320 €
Meuble haut (60 cm, démontable)360 €180 €
Meuble colonne1100 €100 €
Réfrigérateur (non encastré)1200 €200 €
Four (pose libre)1150 €150 €
Plaque de cuisson (non scellée)1120 €120 €
Hotte aspirante1100 €100 €
Lave-vaisselle1180 €180 €
Table de cuisine + 4 chaises1200 €200 €
Sous-total cuisine1 550 €

Les éléments de cuisine intégrée (îlot central maçonné, crédence scellée, plan de travail collé au mur) sont exclus. Si le doute persiste sur un élément, le notaire recommandera son exclusion.

Modèle liste mobilier vente maison : salon et chambres

Le salon et les chambres représentent le cœur des meubles meublants : leur valorisation d'occasion est modeste mais régulière.

Salon / salle à manger

DésignationQtéValeur unitaireTotal
Canapé 3 places1350 €350 €
Table basse160 €60 €
Meuble TV180 €80 €
Table salle à manger1150 €150 €
Chaises salle à manger625 €150 €
Buffet1200 €200 €
Lustre salon140 €40 €
Rideaux (paire)240 €80 €
Tapis1120 €120 €
Tableaux décoratifs330 €90 €
Sous-total salon1 320 €

Chambres (3 chambres)

DésignationQtéValeur unitaireTotal
Lit + sommier + matelas3200 €600 €
Armoire démontable3150 €450 €
Table de chevet630 €180 €
Commode2100 €200 €
Luminaires chambre330 €90 €
Rideaux (paire)340 €120 €
Sous-total chambres1 640 €

Autres pièces (bureau, entrée, buanderie, garage)

DésignationQtéValeur unitaireTotal
Bureau + chaise1150 €150 €
Lave-linge1200 €200 €
Sèche-linge1180 €180 €
Congélateur1120 €120 €
Étagères murales démontables340 €120 €
Consoles d'entrée160 €60 €
Miroirs muraux240 €80 €
Aspirateur150 €50 €
Sous-total autres pièces960 €

Total général mobilier : 5 470 €

Ce modèle totalise environ 5 500 € de mobilier pour une maison standard de 3 chambres. Chaque ligne doit pouvoir être justifiée par une facture, une photo ou une estimation de cote d'occasion.

Comment estimer la valeur des meubles (factures, cote occasion)

La valeur vénale des meubles d'occasion est généralement très inférieure à leur prix d'achat neuf. Une table achetée 1 500 € il y a huit ans vaut rarement plus de 150 € en revente. La décote est sévère, et c'est normal : les meubles meublants s'usent.

Pour estimer correctement :

  • Factures d'achat : elles donnent le prix neuf et l'année d'acquisition. Appliquer une décote de 10 à 20 % par an, sans descendre en dessous de 5-10 % du prix neuf.
  • Cote de reprise : un antiquaire, un brocanteur ou un dépôt-vente peut fournir une estimation écrite pour les meubles de valeur.
  • Sites de petites annonces : consulter les prix demandés pour des meubles similaires (Leboncoin, eBay) donne une indication de marché.
  • Commissaire de justice : en cas de désaccord entre vendeur et acquéreur, un constat avec estimation peut être demandé.

L'erreur commune consiste à inscrire le prix d'achat neuf. Le fisc ne l'acceptera pas. La question pertinente : « Si je devais revendre ce meuble aujourd'hui sur Leboncoin, quel prix obtiendrais-je ? »

Simulation frais de notaire avec mobilier : combien peut-on économiser ?

Le gain financier procuré par une liste de mobilier est modeste mais réel. Prenons un cas concret pour mesurer l'économie nette sur les droits de mutation.

Le scénario : une maison vendue 300 000 € (prix net vendeur), avec un mobilier valorisé à 5 470 € selon le modèle pièce par pièce ci-dessus. Les droits de mutation à titre onéreux s'élèvent au taux de 5,80 % (taux applicable en 2026 dans la plupart des départements, hors Paris et quelques zones où le taux est plus élevé).

Sans liste de mobilier : assiette taxable = 300 000 €. Droits de mutation = 300 000 × 5,80 % = 17 400 €.

Avec liste de mobilier : assiette taxable = 300 000 − 5 470 = 294 530 €. Droits de mutation = 294 530 × 5,80 % = 17 083 €.

Économie nette : 317 €. Ce montant couvre les droits sur la part mobilière du prix, mais ne change pas les autres composantes des frais de notaire (émoluments proportionnels, contribution de sécurité immobilière). L'économie est réelle, mais elle reste proportionnelle à la valeur du mobilier déclaré.

Calcul pas à pas sur un exemple réel

Reprenons le calcul pas à pas avec le cas concret chiffré.

Étape 1 : déterminer le prix de vente total. Ici, 300 000 € (compromis signé entre les parties).

Étape 2 : dresser la liste de mobilier pièce par pièce. Appliquer une valorisation réaliste (valeur vénale d'occasion). Notre modèle aboutit à 5 470 €.

Étape 3 : soustraire le mobilier du prix total. Base taxable immobilière : 300 000 − 5 470 = 294 530 €.

Étape 4 : appliquer le taux de droits de mutation (5,80 % en zone normale). 294 530 × 0,058 = 17 082,74 €.

Étape 5 : comparer avec la situation sans liste (300 000 × 0,058 = 17 400 €). Différence : 317,26 € d'économie.

Ce calcul ne tient pas compte des émoluments du notaire (calculés par tranches selon le barème réglementé) ni de la contribution de sécurité immobilière (0,10 %). L'économie porte exclusivement sur la part « droits de mutation » de la taxe de publicité foncière.

Liste mobilier notaire pourcentage : quelle limite raisonnable ?

Aucun texte officiel ne fixe un pourcentage maximal de mobilier déductible. Contrairement à une idée répandue, il n'existe pas de « tolérance fiscale » autorisant un certain pourcentage du prix de vente. La seule règle : le mobilier doit être valorisé à son prix de marché réel.

En pratique, un mobilier représentant 2 à 3 % du prix de vente pour une maison standard est courant. Au-delà de 5 %, l'administration fiscale peut légitimement s'interroger et demander des justificatifs.

Un bien vendu vide ne peut donner lieu à aucune déduction. Un bien vendu avec des meubles de designer ou des antiquités peut justifier un pourcentage plus élevé : à condition de produire les factures ou les estimations correspondantes. Le pourcentage n'est pas le critère ; c'est la réalité économique de la valorisation qui compte.

⚠️ Attention : déclarer 20 000 € de mobilier pour un bien de 200 000 € sans pouvoir produire aucune facture expose à un redressement. L'administration fiscale n'est pas liée par les déclarations des parties et peut rectifier la base taxable.

Formalités : comment annexer la liste au compromis de vente

La liste de mobilier doit être établie par écrit et annexée au compromis de vente (promesse synallagmatique). Elle est signée par le vendeur et l'acquéreur. Le notaire la joint à l'acte authentique de vente.

L'Arrêté du 29 janvier 2024 portant approbation des règles déontologiques notariales (legifrance.gouv.fr) précise le rôle du notaire : il doit s'assurer de la sincérité des déclarations des parties. Il ne valide pas mécaniquement la liste présentée : il peut la questionner si les montants lui paraissent incohérents.

La liste doit comporter au minimum :

  • La désignation précise de chaque meuble (nature, état général)
  • La quantité
  • La valeur unitaire estimée
  • Le total par pièce et le total général
  • La date et les signatures des deux parties

Le document est conservé par le notaire dans les archives de l'acte. Il peut être consulté par l'administration fiscale en cas de contrôle.

Documents à joindre à la liste (factures, photos, devis)

La liste elle-même constitue le document principal. Les pièces justificatives, sans être obligatoires, renforcent considérablement sa crédibilité en cas de contrôle.

Documents recommandés à conserver et à tenir à disposition :

  • Factures d'achat des meubles les plus onéreux (cuisine, électroménager, literie)
  • Photos datées des meubles dans le logement, idéalement avec un repère temporel (journal du jour, capture d'écran)
  • Devis ou cotes de reprise d'un professionnel pour les pièces de valeur
  • Constat de commissaire de justice (anciennement huissier) : utile en cas de désaccord prévisible entre vendeur et acquéreur, ou entre indivisaires

Ces documents ne sont pas remis au notaire avec l'acte, mais ils doivent pouvoir être produits rapidement si l'administration les demande.

Ce que vérifie le notaire avant de valider la liste

Le notaire n'est pas un certificateur passif. Avant de recevoir l'acte, il vérifie plusieurs points.

D'abord, la cohérence d'ensemble : le total du mobilier ne doit pas représenter une part disproportionnée du prix de vente sans explication plausible. Ensuite, la nature des biens listés : des éléments manifestement immobiliers (chaudière, cuisine intégrée scellée) seront écartés.

Le notaire vérifie également l'absence de contradiction avec les diagnostics techniques et l'état des lieux éventuel. Si l'acquéreur a visité le bien vide, une liste de mobilier de 10 000 € sera difficile à justifier.

Enfin, le notaire engage sa responsabilité professionnelle. S'il laisse passer une liste manifestement frauduleuse, il s'expose à des poursuites disciplinaires devant la chambre interdépartementale des notaires.

Erreur courante : surévaluer le mobilier et s'exposer à un redressement fiscal

La tentation existe : gonfler artificiellement la valeur du mobilier pour réduire davantage la base taxable immobilière. Cette pratique expose le vendeur et l'acquéreur à un risque fiscal sérieux.

Le mécanisme de contrôle : l'administration fiscale (DGFiP) dispose d'un droit de reprise de trois ans après l'enregistrement de l'acte. Si elle estime que le prix du mobilier est surévalué, elle peut requalifier la part mobilière en prix immobilier déguisé. Conséquence directe : rappel des droits de mutation éludés, assorti de pénalités de retard (0,20 % par mois) et, en cas de mauvaise foi caractérisée, d'une majoration de 40 % à 80 %.

La Cour d'appel de Douai, dans un arrêt du 16 février 2026 (RG n°25/01000, courdecassation.fr), illustre la réalité des litiges portant sur des listes de mobilier contestées. En l'espèce, une indivisaire prétendait qu'une liste de mobilier établie unilatéralement devait être reconnue comme « mobilier indivis ». La cour a exigé la reprise détaillée de cette liste et son examen contradictoire. L'affaire montre que les listes de mobilier sont scrutées avec attention par les juges comme par l'administration.

La parade : une valorisation prudente et documentée. Chaque ligne de la liste doit pouvoir être justifiée. Le gain fiscal modeste (quelques centaines d'euros dans le cas standard) ne justifie pas une prise de risque disproportionnée.

Le forfait mobilier à 5 % en succession : cas particulier à connaître

Le forfait mobilier successoral est une règle propre au contexte de la succession, distincte de la vente immobilière. Il mérite d'être connu des héritiers qui ignorent souvent son existence.

En l'absence d'inventaire notarié détaillé, l'administration fiscale évalue forfaitairement la valeur des meubles successoraux à 5 % de l'actif net successoral. Ce forfait s'applique automatiquement dans la déclaration de succession si aucun inventaire précis n'est produit.

Deux situations typiques :

  • Si le défunt possédait un patrimoine immobilier de 400 000 € et des liquidités de 100 000 €, l'actif net successoral est de 500 000 €. Le forfait mobilier s'élève à 25 000 € (500 000 × 5 %). Les droits de succession sont calculés sur cette base, majorée de 25 000 € de mobilier présumé.
  • Si le mobilier réel vaut 5 000 € (meubles vétustes), les héritiers ont intérêt à faire dresser un inventaire pour échapper au forfait. Si au contraire le mobilier vaut 60 000 € (antiquités, œuvres d'art), le forfait est avantageux : mais cette sous-évaluation expose à un redressement si elle est découverte.

L'inventaire peut être réalisé par un notaire ou un commissaire de justice. La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 visant à simplifier la sortie de l'indivision (village-justice.com) facilite certains blocages successoraux mais ne modifie pas le principe du forfait mobilier.

💡 À noter : le forfait mobilier à 5 % est une présomption simple. Les héritiers peuvent la renverser en produisant un inventaire contradictoire. L'option retenue (forfait ou inventaire) doit être cohérente avec la valeur réelle probable des meubles.

Fiche pratique

Articles de loi de référenceCode civil, Livre II, art. 527 et suivants (meubles par nature et par détermination de la loi)
Texte réglementaire notarialArrêté du 29 janvier 2024 portant approbation des règles déontologiques notariales (JORF)
Jurisprudence récenteCour d'appel de Douai, RG n°25/01000, 16 février 2026 : litige sur liste de mobilier en indivision
Forfait mobilier successoral5 % de l'actif net successoral, en l'absence d'inventaire notarié (pratique DGFiP)
Documents à conserverFactures d'achat des meubles, photos datées, devis ou cotes de reprise d'un antiquaire/brocanteur, constat de commissaire de justice (huissier)
Juridiction compétente en cas de litigeTribunal judiciaire (litige civil entre vendeur et acquéreur ou entre indivisaires)
Contacts officielsNotaire (officier ministériel), Chambre interdépartementale des notaires, DGFiP (administration fiscale), Commissaire de justice

Sources

Les informations ci-dessus sont indicatives et n'engagent pas leur auteur. Faites valider votre situation par un avocat avant toute démarche contentieuse.

Questions sur la succession

Quels sont les meubles que l'on peut déduire des frais de notaire ?

Seuls les meubles meublants ou mobiles sont déductibles : canapé, chaises, tables, literie, armoires démontables, électroménager (four, frigo, hotte), tapis, rideaux et luminaires. Les éléments fixés au bâti (cheminée maçonnée, parquet collé, volets) ne sont pas considérés comme du mobilier et ne peuvent pas être déduits de l'assiette des droits de mutation.

Qu'est-ce qui est considéré comme du mobilier ?

Au sens du Code civil (Livre II), le mobilier regroupe les biens meubles par nature, c'est-à-dire les objets pouvant être déplacés sans détérioration du bien immobilier. Cela inclut les meubles meublants (canapé, lit, table), l'électroménager non encastré et les objets décoratifs mobiles (tableaux, tapis). Les équipements scellés ou incorporés au gros œuvre sont exclus.

Quels types de mobilier sont déductibles des frais de notaire ?

Sont déductibles les meubles meublants listés et valorisés à leur valeur vénale réelle dans un document annexé au compromis de vente. Il peut s'agir de meubles de salon, de chambre, de cuisine (éléments démontables, électroménager), d'objets de décoration et de luminaires. La valorisation doit être justifiable : par des factures ou une cote de reprise : pour éviter une requalification fiscale.

Qu'est-ce que le forfait mobilier à 5% en succession ?

En l'absence d'inventaire notarié détaillé, l'administration fiscale évalue forfaitairement le mobilier successoral à 5 % de l'actif net successoral pour calculer les droits de succession. Faire dresser un inventaire précis par un notaire ou un commissaire de justice peut permettre de retenir une valeur inférieure à ce forfait si les meubles ont peu de valeur, mais cela engage la responsabilité des héritiers sur l'exactitude des estimations.