Donation d'usufruit : calculer le montant selon le barème fiscal
Comment calculer le montant d'une donation d'usufruit ? Barème fiscal par âge, abattements, droits et frais de notaire expliqués avec un exemple chiffré.

La valeur fiscale d'un usufruit se calcule en appliquant le barème de l'article 669 du CGI à la valeur vénale du bien. Ce barème dépend de l'âge de l'usufruitier au jour de la donation : pour un usufruitier de 65 ans, l'usufruit vaut 40 % de la pleine propriété. Ce barème ne s'applique qu'à l'usufruit viager.
Calculer le montant d'une donation d'usufruit repose sur trois opérations successives : valoriser l'usufruit selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, déterminer l'assiette taxable après abattement, puis appliquer le barème des droits de donation. Le point que beaucoup de guides omettent : ce barème ne vaut que pour l'usufruit viager. Un usufruit temporaire obéit à une logique différente, et le simulateur officiel de service-public.fr ne le couvre pas.
Ce qu'il faut retenir
- Le barème de l'article 669 du CGI valorise l'usufruit viager selon l'âge de l'usufruitier au jour de la donation.
- Pour un usufruitier de 61 à 70 ans, l'usufruit vaut 40 % et la nue-propriété 60 % de la pleine propriété.
- L'abattement de 100 000 € parent-enfant s'applique uniquement sur la valeur de la nue-propriété reçue.
- Les frais de notaire sont calculés sur la pleine propriété, jamais sur la seule valeur de l'usufruit.
- Après 70 ans, la part de la nue-propriété augmente, ce qui alourdit la base taxable de la donation.
Usufruit et démembrement : les bases pour comprendre le calcul
Le démembrement de propriété sépare la pleine propriété d'un bien en deux droits distincts. L'usufruitier détient l'usus (droit d'utiliser le bien) et le fructus (droit d'en percevoir les revenus). Le nu-propriétaire conserve l'abusus (droit de vendre, de donner ou de transmettre le bien), mais il ne peut ni l'occuper ni en encaisser les loyers tant que l'usufruit court.
Cette répartition a une conséquence fiscale directe. Lors d'une donation, chacun de ces droits est valorisé séparément selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI. Les droits de donation sont ensuite calculés uniquement sur la valeur de la nue-propriété, comme le rappelle la source village-justice.com (2025). Le nu-propriétaire, qui reçoit un droit plus limité, paie des droits sur une assiette réduite.
Deux notions structurent tout le calcul : la valeur vénale du bien (son prix de marché) et la répartition prévue par le barème fiscal. Ce barème est une fiction légale : il ne reflète pas la valeur économique réelle de l'usufruit, mais la valeur que l'administration fiscale retient pour l'imposition.
Pleine propriété, usufruit et nue-propriété : qui détient quoi ?
La pleine propriété réunit trois attributs : le droit d'user du bien, le droit d'en percevoir les fruits (loyers, récoltes, intérêts) et le droit d'en disposer (le vendre, le donner, le léguer). Le démembrement attribue les deux premiers à l'usufruitier, le troisième au nu-propriétaire.
Dans une donation avec réserve d'usufruit, le parent donne la nue-propriété à son enfant et conserve l'usufruit jusqu'à son décès. L'enfant devient nu-propriétaire : il possède le bien sans pouvoir l'utiliser. Au décès du parent, l'usufruit s'éteint automatiquement et l'enfant récupère la pleine propriété, sans droits supplémentaires à payer.
Usufruit viager vs usufruit temporaire : une distinction qui change tout
L'usufruit viager s'éteint au décès de l'usufruitier. Sa valeur fiscale se détermine avec le barème par tranches d'âge de l'article 669 du CGI : plus l'usufruitier est âgé, plus la valeur de son usufruit diminue.
L'usufruit temporaire, lui, est consenti pour une durée fixe (10 ans, 15 ans, 20 ans). Son imposition obéit à une règle différente : chaque année de durée représente une fraction de la valeur du bien, sans passer par le barème par âge. Le simulateur officiel de service-public.fr ne permet pas de calculer un usufruit temporaire. Cette distinction, absente de la plupart des guides, peut modifier radicalement le montant des droits dus.
Le barème fiscal de l'usufruit : tableau complet par âge de l'usufruitier
L'article 669 du Code général des impôts fixe un barème de répartition de la valeur d'un bien démembré en usufruit viager. Ce barème s'applique aux donations, aux successions et aux transmissions à titre gratuit. Il détermine la valeur fiscale de l'usufruit et, par complément, celle de la nue-propriété.
Voici les tranches d'âge et les pourcentages correspondants, en fonction de l'âge de l'usufruitier au jour de la donation.
- Moins de 21 ans : usufruit 90 %, nue-propriété 10 %
- De 21 à 30 ans : usufruit 80 %, nue-propriété 20 %
- De 31 à 40 ans : usufruit 70 %, nue-propriété 30 %
- De 41 à 50 ans : usufruit 60 %, nue-propriété 40 %
- De 51 à 60 ans : usufruit 50 %, nue-propriété 50 %
- De 61 à 70 ans : usufruit 40 %, nue-propriété 60 %
- De 71 à 80 ans : usufruit 30 %, nue-propriété 70 %
- De 81 à 90 ans : usufruit 20 %, nue-propriété 80 %
- 91 ans et plus : usufruit 10 %, nue-propriété 90 %
Cette décroissance de 10 points par tranche de 10 ans traduit une logique actuarielle : une espérance de vie plus courte réduit la valeur de l'usufruit. Pour un usufruitier de 61 à 70 ans, la valeur de l'usufruit est de 40 % de la valeur totale du bien, et celle de la nue-propriété de 60 %, comme l'indique village-justice.com.
Comment lire et utiliser ce tableau
Pour utiliser le barème, on commence par déterminer la valeur vénale du bien en pleine propriété, puis on applique le pourcentage correspondant à la tranche d'âge de l'usufruitier.
Exemple de lecture : un bien vaut 300 000 € en pleine propriété. L'usufruitier a 45 ans. Sa tranche est 41 à 50 ans : l'usufruit vaut 60 % de 300 000 €, soit 180 000 €. La nue-propriété vaut les 40 % restants, soit 120 000 €. Ces montants servent ensuite de base pour le calcul des droits de donation ou de succession.
L'âge révolu : le détail qui peut coûter cher
Le barème retient l'âge révolu de l'usufruitier, c'est-à-dire l'âge atteint au dernier anniversaire avant la donation. Cet âge se calcule au jour exact de la donation.
Le franchissement d'une tranche a des conséquences mesurables. Un usufruitier qui fête ses 61 ans la veille de la donation bascule dans la tranche 61-70 ans : son usufruit vaut 40 % au lieu de 50 %. La nue-propriété passe de 50 % à 60 %. Pour un bien de 300 000 €, la base taxable du nu-propriétaire augmente de 30 000 €. Ce détail d'un seul jour modifie la facture fiscale de manière substantielle.
Simulateur donation avec usufruit : les trois étapes du calcul
Le calcul du montant taxable d'une donation d'usufruit suit une méthode en trois étapes. Chacune mobilise une donnée différente : la valeur vénale, le coeffient tiré du barème, puis l'abattement légal. Une erreur sur l'une de ces étapes se répercute mécaniquement sur les suivantes.
Le simulateur officiel du service-public.fr permet de vérifier le résultat de ce calcul pour un usufruit viager. Il ne couvre pas les usufruits temporaires. La direction générale des finances publiques (DGFiP) applique le barème de l'article 669 du CGI lors du contrôle des déclarations de donation.
Étape 1 : déterminer la valeur vénale du bien
La valeur vénale correspond au prix auquel le bien pourrait se vendre sur le marché libre à la date de la donation. Pour un bien immobilier, on s'appuie sur les prix constatés dans la même zone géographique, pour des biens comparables en termes de surface, d'état et de localisation.
La donation d'un bien immobilier nécessite obligatoirement un acte notarié. Le notaire contrôle la valeur vénale déclarée et engage sa responsabilité. Une sous-évaluation manifeste expose au redressement fiscal.
Étape 2 : appliquer le barème pour valoriser l'usufruit
Une fois la valeur vénale fixée, on identifie la tranche d'âge de l'usufruitier au jour de la donation. Le pourcentage de cette tranche donne directement la valeur fiscale de l'usufruit. Le complément à 100 % correspond à la valeur de la nue-propriété.
Pour un bien de 300 000 € et un usufruitier de 65 ans, le calcul est le suivant : usufruit = 40 % de 300 000 €, soit 120 000 €. Nue-propriété = 60 % de 300 000 €, soit 180 000 €. Ces chiffres figurent dans la source village-justice.com.
Étape 3 : calculer la base taxable après abattement
Les droits de donation portent uniquement sur la valeur de la nue-propriété reçue par le donataire. On applique ensuite l'abattement légal, qui dépend du lien de parenté entre le donateur et le donataire.
Pour une donation entre parent et enfant, l'abattement s'élève à 100 000 € par donateur et par donataire, selon actu-juridique.fr (septembre 2025). Cet abattement se recharge tous les 15 ans. La base taxable est donc : valeur de la nue-propriété moins 100 000 €. Sur cette assiette, le barème progressif des droits de donation s'applique.
Exemple chiffré : donation d'usufruit d'un bien de 300 000 € à 65 ans
Prenons un cas concret. Un parent de 65 ans donne la nue-propriété d'un bien immobilier de 300 000 € à son enfant, tout en conservant l'usufruit jusqu'à son décès. La donation a lieu au cours de l'année 2026.
Le donateur, âgé de 65 ans, se situe dans la tranche 61-70 ans du barème de l'article 669 du CGI. L'usufruit vaut 40 % de la pleine propriété, soit 120 000 €. La nue-propriété, transmise à l'enfant, vaut 60 %, soit 180 000 €.
L'abattement parent-enfant de 100 000 € s'applique sur la nue-propriété. L'assiette taxable résiduelle est donc de 180 000 € moins 100 000 €, soit 80 000 €. Sur ces 80 000 €, le barème progressif des droits de donation s'applique. Le taux dépend de la tranche atteinte par cette assiette. Le simulateur officiel de service-public.fr permet d'obtenir le montant précis des droits à payer. Le guide sur le calcul des droits de donation avec réserve d'usufruit détaille la mécanique du barème progressif.
Frais de notaire pour une donation avec usufruit : ce qu'il faut prévoir
Les frais de notaire pour une donation avec usufruit se calculent sur la valeur de la pleine propriété du bien, et non sur la seule valeur de l'usufruit. Ce point est souvent mal compris. Le notaire perçoit des émoluments proportionnels sur la pleine propriété, même si l'usufruit n'est pas transmis.
Plusieurs postes de frais se cumulent à l'occasion d'une donation immobilière avec réserve d'usufruit. Le détail du calcul est traité dans l'article consacré aux frais de notaire pour une donation avec usufruit.
Les postes de frais à anticiper
La donation d'un bien immobilier génère des coûts qui se répartissent en quatre catégories.
- Émoluments du notaire : calculés par tranches sur la pleine propriété du bien.
- Droits de donation : calculés sur la nue-propriété après abattement.
- Contribution de sécurité immobilière (CSI) : taxe perçue lors de la publication de l'acte au service de la publicité foncière.
- Débours : sommes avancées par le notaire pour le compte du client (documents d'urbanisme, frais d'état hypothécaire).
Le poids relatif de chaque poste dépend de la valeur du bien et du lien de parenté.
Contribution de sécurité immobilière (CSI) : rappel
La contribution de sécurité immobilière est perçue au profit de l'État lors de la publicité foncière de l'acte de donation. Son taux s'applique à la valeur de la pleine propriété du bien donnée.
Cette taxe s'ajoute aux émoluments du notaire et aux droits de donation. Elle est exigible même lorsque la donation est exonérée de droits, par exemple entre époux. Un notaire peut établir un devis détaillé avant la signature de l'acte.
L'erreur courante à éviter : confondre l'âge du donateur et celui de l'usufruitier
Le piège le plus fréquent consiste à croire que le barème dépend de l'âge du donateur. En réalité, c'est l'âge de l'usufruitier qui détermine la tranche applicable, au jour de la donation.
Dans une donation avec réserve d'usufruit, le donateur est lui-même l'usufruitier : les deux âges coïncident. Mais ce n'est pas toujours le cas. Lorsqu'un tiers reçoit l'usufruit d'un bien, son âge à lui sert de référence, pas celui du donateur.
La conséquence concrète d'une confusion : appliquer la mauvaise tranche d'âge revient à sous-estimer la valeur de la nue-propriété, donc l'assiette taxable. Le fisc peut alors opérer un redressement. Autre erreur fréquente : confondre usufruit viager et usufruit temporaire, deux régimes fiscaux distincts. Le barème de l'article 669 du CGI ne vaut que pour le viager.
Donation-partage avec usufruit après 70 ans : spécificités fiscales
Après 70 ans, le barème fiscal rend l'usufruit nettement moins valorisé. Pour la tranche 71-80 ans, l'usufruit vaut 30 % de la pleine propriété, contre 40 % pour la tranche 61-70 ans. La nue-propriété, elle, passe à 70 %.
Cette différence a un effet direct sur l'impôt. La base taxable, assise sur la nue-propriété, augmente mécaniquement lorsque le donateur franchit 70 ans. Pour un bien de 300 000 €, la nue-propriété taxée passe de 180 000 € à 210 000 €. L'abattement de 100 000 € se recharge tous les 15 ans, ce qui permet d'en bénéficier plusieurs fois par enfant au fil du temps.
Une donation-partage avec réserve d'usufruit reste possible après 70 ans, mais elle est fiscalement moins favorable qu'avant cet âge. Le recours à un notaire s'impose pour mesurer l'opportunité de l'opération selon la situation patrimoniale globale et le lien de parenté.
Fiche pratique
| Article de loi principal | Article 669 du Code général des impôts (CGI) : barème de répartition entre usufruit et nue-propriété |
| Abattement parent-enfant | 100 000 € par donateur et par donataire (CGI art. 779), rechargeable tous les 15 ans |
| Tranche 61-70 ans | Usufruit = 40 %, nue-propriété = 60 % de la pleine propriété |
| Tranche 71-80 ans | Usufruit = 30 %, nue-propriété = 70 % de la pleine propriété |
| Acte notarié | Obligatoire pour toute donation immobilière, quelle que soit la valeur |
| Simulateur officiel | service-public.fr : simulateur de barème fiscal usufruit/nue-propriété |
| Frais de notaire | Calculés sur la pleine propriété du bien, pas sur la seule valeur de l'usufruit |
Sources
Les informations ci-dessus sont indicatives et n'engagent pas leur auteur. Faites valider votre situation par un avocat avant toute démarche contentieuse.
Questions sur la succession
Comment calculer la valeur d'une donation d'usufruit ?
La valeur fiscale de l'usufruit se calcule en appliquant le barème de l'article 669 du CGI à la valeur vénale du bien : le pourcentage retenu dépend de l'âge de l'usufruitier au jour de la donation (âge révolu). Par exemple, pour un usufruitier de 65 ans, l'usufruit vaut 40 % de la pleine propriété. Ce barème s'applique uniquement à l'usufruit viager.
Quel est le tableau de calcul des droits de donation ?
Les droits de donation sont calculés selon un barème progressif par tranches (CGI art. 777), appliqué sur la valeur transmise après déduction de l'abattement légal (100 000 € entre parent et enfant). Dans le cas d'une donation de nue-propriété, seule la valeur fiscale de la nue-propriété constitue la base taxable.
Quel est le tableau de calcul de l'usufruit ?
Le barème fiscal de l'usufruit (CGI art. 669) répartit la valeur du bien par tranches d'âge de l'usufruitier : de moins de 21 ans (usufruit = 90 %) à 91 ans et plus (usufruit = 10 %), avec une décroissance de 10 points tous les dix ans. Le simulateur officiel du service-public.fr permet d'effectuer ce calcul en quelques secondes.
Comment calculer les frais de notaire pour une donation avec usufruit ?
Les émoluments du notaire sont calculés sur la valeur en pleine propriété du bien donné, et non sur la seule valeur de l'usufruit. S'y ajoutent les droits de donation (calculés sur la nue-propriété après abattement), la contribution de sécurité immobilière (CSI) et les débours. Un notaire peut établir un devis précis avant l'acte.
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